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Pourquoi le cinéma égyptien est si «médiocre»

L’Aïd al Adha, l'une des fêtes musulmanes les plus importantes (la fête du sacrifice), approche. L'occasion pour le Daily Egypt de revenir sur les célèbres films égyptiens qui animent les foyers et les cœurs pendant les fêtes religieuses comme le ramadan.

Sauf exception notable, la majorité des films égyptiens sont médiocres, juge le site d’information égyptien.

Daily Egypt passe en revue la programmation des films annoncés pour l’Aïd (fête):

Abdo Mota, un film sur un voyou, au cours duquel il y a forcément six bagarres au couteau et deux chansons populaires.

Mlle Mama, où Yasmine Abdel Aaziz tente une comédie familiale, où elle s'en tiendra à sa fanfare burlesque habituelle. Un florilège de grimaces face à la caméra.

Dans un autre genre, le film Une heure et demie, qui réunit toutes les vedettes du cinéma égyptien, avec un rôle hilarant pour Yosra El-Lozy, qui interprète une femme au foyer de la Haute-Egypte. Tout cela agrémenté de cris, de larmes et de musiques dramatiques!

Pour le journaliste du Daily Egypt, le cinéma égyptien a du mal à sortir de ces deux genres, soit la comédie burlesque soit le drame qui dit s’inspirer de la vie quotidienne des Egyptiens. Ce qui fait dire à un de ses amis que la production culturelle égyptienne de ces dix dernières années est tout bonnement «terrifiante».

Pourquoi? Car l'art ne cherche plus qu’à refléter la «réalité égyptienne», la société et ses problèmes. Bien sûr, ce pays a beaucoup de souffrance et de misère que nous ne devrions pas ignorer, mais ils ne doivent pas, selon le journaliste, envahir le terrain de la création artistique.

Depuis près de deux ans, la révolution a également investi l’art en Egypte, ce qui ne déplait pas à l’auteur de l’article. Allez-y faîtes des films, des expositions, des graffitis sur la révolution, lancent-ils aux artistes.

Mais au final, il leur reproche de ne pas être vraiment révolutionnaire. Les artistes se soumettent beaucoup trop à un système qui aurait dû tomber en même temps que le régime Moubarak. Un exemple: la commission de censure.

«La prochaine  fois que je rencontre un "révolutionnaire" metteur en scène qui se plaint de la commission de censure, je lui donnerai un coup de pied dans le cul», écrit-il.

En quête de nouveautés et de courage, il appelle les artistes à ne pas suivre les représentants de l'Egypte, qui plus est islamistes, quand ils décident de ce qui est bon ou pas pour l’art.

«Pourquoi l'autorité de la commission de censure n’est pas contestée? Qui sont-ils? Quelles sont leurs qualifications pour décider ce qui est approprié et ce qui ne l'est pas? Quelle est leur formation?»

De nombreuses questions auxquelles les artistes égyptiens doivent répondre.

Lu sur Daily Egypt

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