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La Tunisie est prête à exploser une seconde fois

Attention danger. La Tunisie se trouve dans une situation extrêmement délicate et analyse les différentes raisons qui peuvent la mener à exploser de nouveau.

Tel est l'analyse alarmante faite dans Tunis Tribune par le journaliste français Nicolas Beau, directeur de publication du site d'information satirique Bakchich et auteur de plusieurs livres d'enquête sur la Tunisie.

En toile de fond, le malaise social des Tunisiens qui ne s’est pas apaisé depuis la chute de Ben Ali en janvier 2011. En vérité, «la situation n’a fait qu’empirer» depuis que l’ex-dictateur s’est réfugié en Arabie Saoudite.

«On a oublié un peu vite que ce sont des revendications contre la pauvreté et la corruption, venues des profondeurs du pays qui ont ébranlé le régime de Ben Ali» indique le journaliste.

Les retards de l’Assemblée constituante, qui aurait dû avoir terminé d’écrire la constitution le 23 octobre, ont aussi fragilisé la légitimité d’un gouvernement islamiste déjà laborieux. Pour cette raison, Nicolas Beau explique que le 23 octobre, date anniversaire de la première constituante, pourrait bien être l’occasion pour que les Tunisiens ne refassent parler la rue.

«L’impatience grandit, le chômage explose, la croissance est en berne». «Le tourisme n’est pas plus flamboyant» constate-t-il.

Les signes d’une telle dégradation économique sont palpables: l’économie parallèle s’est ainsi énormément développée, dans les secteurs du bois ou du béton notamment, où près de 80% des transactions se font au noir.

Le ministère de l’Intérieur constitue un autre bon indicateur des tensions qui existent en Tunisie. En tant que «seul secteur qui recrute» selon le journaliste, il est au cœur du malaise. L’heure supplémentaire d’un fonctionnaire de police, souvent payée plusieurs mois après avoir été effectuée, est rémunérée… 15 centimes d’euro, c'est à dire une misère.

Avant cela, ce sont les remaniements internes à la police qui ont posé de nombreuses questions: «sur soixante-dix hauts cadres qui dirigent l’Intérieur, au moins soixante ont été priés de prendre une retraite d’office pour laisser place à des hommes sûrs».

Cette ambiance pousse beaucoup de Tunisiens à s’interroger sur le rôle à venir de l’armée, la seule force inconstetée et que chaque parti essaye de mettre de son côté.

Lu sur Tunis Tribune

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