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Libye - Passeur de migrants, un job comme un autre

Devenir passeur de migrants pour survivre, est-ce bien une solution?

C’est en tous cas celle qu’ont choisi certains habitants de la province de Koufra, au sud-est de la Libye, a indiqué France 24.

Le témoignage de Abd al-Karim Abou Bakr Ahmed, chef du Conseil local du village de Rabyana (5.000 âmes), exprime ainsi que dans cette zone frontalière sensiblement isolée et paupérisée, certains n’hésitent pas à s’improviser passeurs pour gagner leur vie.

«C’est une région oubliée qui ne dispose pas des moyens de subsistances les plus élémentaires: ni électricité, ni réseau de distribution d’eau, ni moyens de communication, ni routes asphaltées» explique le responsable. «Les conditions de vie difficiles poussent parfois les habitants à tenter n’importe quoi pour gagner de l’argent».

Selon lui, les chômeurs ne percevant aucun salaire sont les premiers touchés par cette situation, et les premiers tentés de faire passer Soudanais et Tchadiens du sud vers le nord.

Le manque d’emploi, premier responsable de cet engrenage? Abd al-Karim Abou Bakr Ahmed le croit, et argumente en mettant le doigt sur un étrange paradoxe régional:

«L’ironie de tout cela est que le village se trouve dans une région riche en ressources souterraines, notamment l’eau et le pétrole dont l’exploitation permet à l’État d’engranger des centaines de millions de dollars de bénéfices chaque année. Mais mis à part quelques postes administratifs à l’école primaire, il n’y a pas d’emplois à pourvoir dans le village».

Il conclut en indiquant que les pouvoir publics locaux ne semblent pas pouvoir contenir les flots de migrants qui souhaitent monter vers l’Europe. Des brigades locales, les «martyrs d’Oum el-Aranib» et le «Bouclier du désert» arrêtent pourtant quotidiennement des migrants, les détiennent quelques heures puis les relâchent aux frontières.

Mais d’après l’homme, cela ne sert à rien. Pour conclure, il estime qu’il serait plus intelligent que «les autorités (…) consacrent leurs efforts au développement de ces régions défavorisées».

Lu sur France 24

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