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Un Kadhafi dans un réseau de proxénétisme sur la Côte d'Azur

Tel père, tel fils. La mégalomanie et les excès en tout genre se transmettent et les fils Kadhafi en sont la preuve! Plusieurs fois, ils ont été épinglés en Europe pour leurs frasques judiciaires et financières.

Un an après sa mort, le nom de Moatassim Kadhafi est cité dans le procès d’un réseau de proxénétisme ouvert le 22 octobre au tribunal correctionnel de Marseille. L'enquête a été menée à partir de 2007 par l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (Ocreth), note l'hebdomadaire français Le Point.

Sur les huit personnes convoquées, cinq sont en fuite, dont celui soupçonné d'être à la tête de ce réseau de proxénétisme, Elie Nahas, un Libanais de 48 ans.

Il organisait des soirées dans des yachts, des hôtels pour de «riches clients du Moyen-Orient», rapporte l'AFP.

Il aurait notamment organisé en 2004 la soirée d'anniversaire de Moatassim Kadhafi pour plus «de 1,5 million de dollars» avec plusieurs stars et «une vingtaine de mannequins».

«A l'été 2007, il avait fait venir au Carlton de Cannes une star du porno américaine pour le fils du dictateur libyen», précise l’AFP.

A cours de l’enquête, une cinquantaine de filles, mannequins ou prostituées, de nationalités libanaise, vénézuélienne, américaine ou française ont été identifiées. Les factures étaient réglées par «des sociétés» ou même parfois par «l'ambassade de Libye», a précisé Patrick Ardid le président de la 7e chambre du tribunal correctionnel.

Cité par Le Point, Me Franck De Vita, l'avocat d'une escort girl poursuivie pour proxénétisme exprime ses doutes:

«On peut se demander, a minima, pourquoi M. Kadhafi n'a pas été entendu alors que l'on connaissait ses liens avec Elie Nahas.»

Et Me Patrick Rizzo, l'avocat des Equipes d'action contre le proxénétisme, une branche du Secours catholique partie civile à ce procès, de répondre: c'est le «contexte politique», en 2007 et 2008, qui a entravé le travail judiciaire.

«Le colonel Kadhafi était reçu à l'Elysée à l'époque, il était le bien aimé de la France. Tout ce contexte n'a pas favorisé les investigations internationales», affirme Me Rizzo,

La sortie récente du livre d’Annick Cojean Les proies dans le harem de Mouammar Kadhafi révèle au combien cette pratique était répandue dans la famille Kadhafi. Le guide lui-même s’entourait de jeunes filles, souvent mineures, qui devenaient ses esclaves sexuelles.

Lu sur Le Point, AFP


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