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Saskia Distiheim, l'avocate suisse qui défend les homos au Cameroun

Jusqu’ici, on connaissait la sémillante avocate Alice Nkom, qui a pris fait et cause pour les homosexuels camerounais, emprisonnés à tour de bras à Yaoundé comme à Douala.

Désormais, il y a Saskia Distiheim, une jeune pénaliste du barreau de Genève, en Suisse.

L’avocate a décidé d’aller prêter main forte à tous ceux qui luttent pour le respect des droits et des libertés au Cameroun.

Au quotidien La Tribune de Genève lui consacre un portrait dans son édition du 20 octobre, Saskia Distiheim raconte qu’elle a dû plaider, pour la toute première fois de sa carrière, sous les huées d’une salle comble:

«Le public applaudissait lorsque le procureur prenait la parole et moi, on me huait. Le ministère public est même allé jusqu’à dénoncer ce qu’il considère comme “la volonté d’une étrangère d’imposer son concept de la dignité humaine”.»

C’était il y a quelques mois, et l’avocate était venue défendre, à Yaoundé (capitale du Cameroun), deux jeunes hommes, l’un âgé de 19 ans et l’autre âgé de 20 ans, accusés d’«acte d’homosexualité».

Les deux accusés avaient écopé de 5 ans de prison ferme et de 300 euros d’amende (la peine maximale pour ce type de délits dans ce pays).

Le jugement en appel doit être rendu le 21 décembre, et Saskia Distiheim confie sa perplexité à la Tribune de Genève:

«Les juges ne savent plus que faire, ils sont sous pression et face à un dilemme. D’un côté, il y a l’opinion publique qui n’acceptera jamais un acquittement. De l’autre, la pression diplomatique et internationale qui trouve scandaleuses les condamnations pour homosexualité.»

Et c’est son principal motif d’encouragement, confie encore au quotidien genevois, celle qui est aussi présidente d’Avocats sans frontières Suisse (ASF).

D’ailleurs, c’est par le biais de l'ASF que Saskia Distiheim que s’est retrouvée à plaider dans les tribunaux camerounais.

En mars 2010, elle visionne un film sur la question de l’homosexualité au Cameroun, Sortir du Nkuta (faire son coming out, en argot local) de la réalisatrice fraçaise Céline Metzger.

Très vite, un partenariat est établi avec l’Adefho (Association de défense des homosexuels camerounais) que préside Me Alice Nkom.

Lu sur La Tribune de Genève

 

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