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En Afrique du Sud, les sangomas font la loi

Beaucoup se souviennent certainement du fameux tube de la chanteuse sud-africaine Yvonne Chaka Chaka, Sangoma.

Dans cette chanson, celle que l’on surnomme la Princess of Africa, rend hommage aux sangomas, ces guérisseurs traditionnels que tous les noirs ou presque en Afrique du Sud vont consulter en cas de souci plus ou moins grave.

Dans l’histoire racontée par la chanteuse, il s’agissait d’un problème affectif. Et c’était vers la fin des années 80.

Et voici que les sangomas reviennent au devant de la scène.

L’hebdomadaire sud-africain Sunday Times évoque une affaire qui a fait, pour ainsi dire, jurisprudence: un certificat médical émis par un de ces guérisseurs traditionnels sud-africains a été reconnu valable par la cour d'appel du travail.

Le Sunday Times explique que la cour a en effet trouvé «foncièrement injuste» le licenciement d’une employée de Pretoria, la capitale, qui s’était absentée pendant un mois pour «suivre un séminaire chez les sangomas».

 Ces derniers, après l’ausculation, ont fourni un mot d’excuse à l’employée mentionnant qu’elle était «tourmentée par ses ancêtres».

Comme de bien entendu, l’affaire est très mal passée auprès de l’employeur qui a donc licencié la jeune femme. L’affaire a été portée au tribunal et l’employée a eu gain de cause.

Le Sunday Times fait savoir que la cour d’appel du travail a estimé que l'Afrique du Sud était une société multiculturelle où la culture occidentale ne pouvait prendre le pas sur les cultures africaines.

Or, l’activité des guérisseurs traditionnels n’est pas réglementée en Afrique du Sud. C’est sûrement pour cela que l’employeur a fait appel de la décision. On n’a pas fini d’entendre parler des sangomas.

Lu sur The Sunday Times

 

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