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Algérie: plusieurs arrestations au 18e vendredi de manifestations

Plusieurs arrestations ont été effectuées par la police vendredi à Alger, aux abords de la Grande Poste, point de ralliement de la grande manifestation hebdomadaire contre le régime, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une vingtaine d'hommes, essentiellement des jeunes, ont été interpellés par les nombreux policiers en civil ou en tenue, déployés dans les rues autour de la Grande Poste, dans le centre de la capitale algérienne.

Les personnes interpellées ne portaient ni drapeaux ni pancartes.

Les policiers ont récupéré les pièces d'identité et les portables, avant de les fouiller et de les faire monter dans des fourgons. 

Des témoins ont fait état d'interpellations dans les rues adjacentes dès 6h du matin. Deux fourgons pleins ont déjà quitté les lieux en début de matinée en direction de postes de police et d'autres véhicules les ont remplacés.

Durant plusieurs vendredi, la police a procédé à des arrestations matinales puis relâchait les manifestations en fin de journée à plusieurs kilomètres du centre de la capitale.

Depuis le 22 février, les Algériens sortent chaque vendredi massivement dans les rues, notamment à Alger, pour réclamer un changement du "système" politique en Algérie.

Les manifestations, pourtant strictement et totalement interdites dans la capitale depuis 2001, ont été jusqu'ici largement tolérées par la police, débordée par le nombre et qui se contente habituellement de contenir le défilé dans un périmètre défini.

Les forces de l'ordre ont reçu des consignes afin de s'assurer qu'aucun autre drapeau que "l'emblème national" ne sera brandi dans les manifestations, avait annoncé mercredi le chef d'état-major de l'armée Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays, en allusion au drapeau berbère très présent dans les défilés.

Said Bentahar, 65 ans, a indiqué à l'AFP qu'il sortira "pour la première fois avec un drapeau berbère qui fait partie de l'identité algérienne" en plus de son drapeau algérien.

Fethi, la cinquantaine, chauffeur de taxi, estime que "cette histoire de drapeau c'est pour diviser le peuple. Personnellement je vais sortir avec seulement le drapeau algérien". 

A coté de lui, Karim juge qu'il "faut être unis pour avoir la démocratie. Le reste sera facile après dans un Etat de droit".

En ce début de matinée, seule le drapeau national est accroché aux  balcons du centre de la capitale.

AFP

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