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Tunisie - Le premier assassinat politique de l'ère post-Ben Ali?

«C'est le premier assassinat politique depuis la révolution et il touche notre parti, Nidaa Tounès (l’Appel de la Tunisie ndlr)» a affirmé Beji Caïd Essebsi à la radio Mosaïque tunisienne le 19 octobre.

Ancien Premier ministre du gouvernement provisoire tunisien, le leader de Nidaa Tounès, qualifié d'«adversaire juré des islamistes d’Ennahda» par l’AFP, a en effet accusé le parti islamiste au pouvoir en Tunisie d’être responsable des violences qui ont émaillé une manifestation, dans laquelle le coordinateur de Nidaa Tounès de Tataouine, Lofti Naguedh, a trouvé la mort le 18 octobre.

Des manifestants avaient défilé dans les rues de Tataouine dans le sud du pays. Ils protestaient contre des membres de l’ancien régime tunisien, encore employés selon eux au sein de l’Union Régionale de l’Agriculture et de la Pêche (URAP) et membres du parti Nidaa Tounès selon le site du quotidien Metro.

La troïka au pouvoir (Ennahda, CPR et Ettakatol) accuse ainsi le parti Nidaa Tounès, depuis sa création en juillet 2012, de compter en son sein des anciens membres du RCD, le parti de l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali.

Nidaa Tounès s'en est pourtant toujours défendu. Le site tunisien Business News juge l'acccusation de «gros mensonge et hypocrisie extraordinaire» de la part de la troïka et qualifie Nidaa Tounès de «cauchemar de l'actuel pouvoir» et qui est devenu «l’ennemi à abattre par tous les moyens».

Lors de la manifestation du 18 octobre, des affrontements avaient éclaté entre des salariés de l’URAP et les manifestants que le parti Nidaa Tounès accuse d’appartenir à Ennahda et ses alliés du centre gauche du Congrès Pour la République (CPR), le parti du président Moncef Marzouki.

C'est dans ce contexte que Lofti Naguedh, directeur de l'URAP et coordinateur local de Nidaa Tounès, a trouvé la mort.

Lors d’une conférence de presse à Tunis, Beji Caïd Essebsi a renouvelé ses accusations contre Ennahda, et a affirmé que Lofti Naguedh avait été victime d’un «lynchage».

De son côté, Ennahda accuse le parti du défunt d’être responsable des affrontements qui ont coûté la vie du militant, «en jetant des cocktails molotov sur les manifestants» selon l’AFP.

Lu sur Radio Mosaïque, Metro, AFP, Business News

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