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Le rappeur du Zimbabwe qui nous fait oublier Mugabe (VIDEO)

Oubliez ce diable de président Mugabe! Voici Gerald Mugwenhi, alias Synik, un rappeur de Harare, la
capitale du Zimbabwe. Le quotidien britannique The Guardian a dressé un portrait du
jeune homme qui vient de sortir son premier album, librement téléchargeable. Il
propose une plongée dans les rues de Harare, au cœur d’un pays dans une
situation délicate.

«Syn city», c’est le nom de son premier album, fait référence
à la bande dessinée éponyme de Frank Miller qui raconte l’histoire d’une ville
rongée par le vice et le crime. Si le rappeur a choisi d’en faire un single, c’est
pour justement y évoquer le contraire.

«En général, l'Afrique
est décrite sous un jour négatif
» affirme-t-il ainsi. «Les gens qui mettent en valeur le côté
positif sont généralement l'exception. Zim
(le Zimbabwe ndlr) est comme partout ailleurs, il y a des
problèmes, oui, mais il y a aussi de grandes choses à raconter
».

Pour lui, le titre Syn City veut ainsi rendre «hommage à la ville qui l'a aidé à se façonner
en tant qu'individu
» selon le Guardian. «L'album offre une rare occasion d'avoir un aperçu de la capitale de
l'un des pays les plus diabolisés aujourd'hui, à travers le regard de la
jeunesse
», toujours d’après le quotidien.  

Le titre «Marching as One» (marcher comme un
seul) se veut, lui, plus «rebelle»
selon les dires du rappeur. «Il y a une
blague ici au Zimbabwe
» explique-t-il: «Vous
pouvez être libre de vous exprimer, mais personne ne garantit que vous soyez
libre après vous être exprimé
».

Pour autant, Synik se défend de vouloir faire de la
politique: «Je ne me suis jamais senti
motivé pour être un porte-parole, à cause des conditions autour de moi. J’exprime
simplement ce que je ressens à un moment donné. J'essaie aussi d'apporter des
changements positifs à travers ma musique
».

Le quotidien britannique conclu ce portrait en
rappelant que le Zimbabwe se trouve dans une situation délicate, partagée selon
les médias occidentaux entre violation des droits de l’homme et cataclysme
économique. La parole du rappeur Synik est donc, selon ce dernier, une aubaine
pour comprendre en profondeur les réalités du Zimbabwe.Lu sur The GuardianA lire aussiHeidi Holland, la femme qui avait pu entrer dans le cerveau de MugabeTout sur la moustache de MugabePetits tours de magie avec les chefs d'Etat africainsLes cinq hommes (trop) forts du Zimbabwe