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Egypte - La prof qui coupe les cheveux des élèves sans voile

Que s’est-il passé dans la tête d’Iman Kilani? Professeure de science dans une école à Louxor en Haute Egypte, elle a coupé les cheveux de deux filles qui étaient venues dans son cours sans voile, le 10 octobre dernier.

Rappel des faits. Iman Kilani, qui porte par ailleurs le voile intégral islamique (niqab) punit Ola El-Kassem et Mona El-Rawi et leur coupe les cheveux. Cette punition devait servir d’exemple pour toutes les jeunes filles qui oseraient transgresser ses instructions.

Depuis, une enquête a été ouverte, après que les parents des jeunes filles aient porté plainte contre elle, a précisé le vice-ministre de l’Education Zakaria Abdel-Fatah au site d’information Al AhramOnline. Deux mois auraient déjà été déduits de son salaire sur ordre du ministère de l'Éducation, rapporte le site Al-AhramOnline.

Une semaine après l’incident, Iman Kilani ne comprend pas que cette affaire prenne une telle ampleur. Elle a confié au site Al-Ahram qu’elle ne savait pas que couper les cheveux d’une enfant de deux centimètres était un crime répréhensible. Une agitation qu’Iman impute aux médias.

D’autant plus que les parents des élèves s’étaient plutôt montrés solidaires de sa démarche. Le père de Mona El-Rawi aurait même grondé sa fille après l’incident avec le professeure.

Alors que certains commentateurs voient dans son geste une preuve supplémentaire que le pays s’islamise progressivement depuis l’élection de Mohammed Morsi le 24 juin dernier, Iman Kilani atteste de son côté qu’elle n’appartient à aucun courant politique ou groupe religieux.

Depuis plusieurs mois, des affaires de blasphème ou d’atteinte au sacré secouent l’Egypte et notamment la Haute-Egypte. Le 17 octobre, le procès de Alber Saber, accusé d’avoir offensé l’islam, a été une nouvelle fois reportée. Dernièrement deux jeunes enfants coptes avaient été emprisonnés pour avoir insulté l’islam…

De nombreuses affaires qui secouent la communauté copte, dans l’attente de gage de la part du nouveau pouvoir islamiste. Une partie d’entre-eux ont préféré émigrer au lendemain de l’annonce de l’élection de Mohammed Morsi.

 

Lu sur Al-AhramOnline

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