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Des dizaines de migrants encore bloqués au large de la Tunisie

Un bateau égyptien ayant secouru il y a dix jours dans les eaux internationales 75 migrants est toujours bloqué au large de la Tunisie, les autorités refusant qu'ils débarquent, a déploré dimanche le Croissant-Rouge.

Le remorqueur égyptien Maridive 601, qui dessert des plateformes pétrolières entre la Tunisie et l'Italie, est arrivé le 31 mai au large de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, après avoir récupéré les migrants à la dérive.

Une équipe du bureau du Croissant-Rouge dans cette ville a apporté dimanche aides et soins aux migrants, dont certains sont malades, a affirmé à l'AFP Mongi Slim, président de cette branche locale du Croissant-Rouge.

Contacté par l'AFP, le capitaine du navire s'est refusé dimanche à toute déclaration. 

Il avait, il y a six jours, lancé un appel aux autorités tunisiennes pour permettre à son bateau "d'entrer en urgence" dans le port de Zarzis.

Le gouvernement tunisien n'a pas donné son feu vert pour le débarquement des migrants.

"Les migrants veulent être accueillis par un pays européen", s'est contenté de dire, sous couvert de l'anonymat, un responsable au ministère de l'Intérieur.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait indiqué début juin que les migrants, qui venaient de Libye, avaient "besoin d'urgence d'eau, de nourriture, de vêtements, de couvertures et surtout d'assistance médicale".

Il s'agit, selon l'OIM, de 64 Bangladais, 9 Egyptiens, un Marocain et un Soudanais, dont au moins 32 enfants et mineurs non accompagnés.

L'agence de l'ONU a indiqué être prête à aider la Tunisie pour accueillir ces candidats à l'exil, partis de Libye dans l'espoir d'atteindre l'Europe.

Cet incident intervient en Méditerranée où les navires de l'opération anti-passeurs de l'UE Sophia ont cessé d'intervenir tandis que les navires humanitaires font face à des blocages judiciaires et administratifs.

En août dernier, un autre bateau commercial était resté bloqué plus de deux semaines en mer avec les 40 immigrés clandestins qu'il avait secourus. Les autorités tunisiennes avaient alors souligné qu'elles acceptaient ces migrants exceptionnellement et pour raisons "humanitaires".

AFP

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