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Mounir Fatmi, l'artiste marocain deux fois censuré en France

Toulouse, Paris même combat pour l’artiste marocain Mounir Fatmi.

Une semaine après avoir vu son œuvre Technologia retirée le 3 octobre par les responsables du festival d’art contemporain lors du Printemps de Septembre à Toulouse, le plasticien est à nouveau censuré, rapporte le site de l'hebdomadaire marocain Tel Quel, le 12 octobre.

Cette fois, c’est l’Institut du monde arabe qui l’invite à retirer sa vidéo Sleep jugée «trop sensible» vis-à-vis du monde musulman, souligne le quotidien français Le Figaro. Celle-ci était pourtant au programme de l’exposition «Vingt-cinq ans de créativité arabe», qui ouvre du 16 octobre au 3 février, rapporte le site marocain Fraja Maroc

Car Technologia a créé la polémique. Représentant des versets et des hadits, Technologia a été jugée «blasphématoire». Et pour cause, datée de 2010, Technologia a été projetée… sur le sol. Certaines personnes ont donc considéré qu’elles «marchaient» sur des textes coraniques.

Habitué de l’utilisation de textes religieux dans son travail artistique, Mounir Fatmi assure qu’il «a été étonné par l’affaire et ne pensait pas à mal.» L’œuvre a suscité des manifestations de quelques dizaines de personnes jugeant l’œuvre blasphématoire 

«Ce qui me gêne énormément, c'est que cela se passe en France, et non au Maghreb ou en Arabie saoudite. Je ne suis pas choqué quand cela arrive dans un pays qui apprend à peine la démocratie», a répondu Mounir Fatmi au Figaro le 15 octobre. «Il y a une crise de foi des religieux ici», s'inquiète cet artiste conceptuel de 42 ans.

«Quand je prends la Bible ou le Coran, je sors le livre de la sacralité. Les religieux pensent qu'ils sont les seuls à avoir le droit d'ouvrir ces livres. Mais il y a aussi les artistes, les historiens, les scientifiques, les journalistes qui ont ce droit», dit l'artiste qui veut «explorer les limites du sacré».

Sa mésaventure à l'Institut du Monde Arabe serait due, selon lui, au vrai-faux film anti-islam L'innocence des musulmans, réalisé à Los Angeles, rapporte Le Figaro. À la place de sa vidéo, le public verra son installation sur les versets interdits à Toulouse. 

Lu sur Tel Quel, Fraja Maroc et Le Figaro

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