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Tunisie - Pourquoi les salafistes annoncent de futurs attentats terroristes

Plusieurs leaders de la mouvance salafiste tunisienne ont lancé une petite bombe médiatique: ils ont annoncé que des attentats risquaient de se produire bientôt en Tunisie, a indiqué le site Kapitalis.

«Nous avertissons l’opinion publique que nous n’avons rien à voir avec tout ce qui arrivera» ont-ils expliqué lors d’une conférence de presse tenue à l’université El-Manar de Tunis le 11 octobre, après avoir rencontré le président de la République Moncef Marzouki.

«Nous craignons que des actes criminels ou terroristes soient commis et attribués aux salafistes, afin de justifier une campagne contre notre mouvement et instaurer dans le pays une guerre entre des milices militaires et policières ou autres, ce qui aboutirait à une situation ingérable», a pour sa part commenté le leader salafiste Imed Ben Salah (ou Abou Abdallah Tounsi) lors de cette conférence de presse selon Kapitalis.

Un autre leader, le cheikh Khamis El Mejri, a lui aussi expliqué le 12 octobre sur la radio Shems FM que la Tunisie serait très certainement secouée d’actes terroristes prochainement et que les salafistes seraient pointés du doigt injustement. Il a ajouté que le ministère de l'Intérieur devait enquêter sur cette question selon le site Tuniscope.

Si le site Kapitalis a posé la question de la sincérité de cet avertissement, il a évoqué en revanche la nécessité d’être prudent dans les prochaines semaines:

«Minimiser la menace terroriste serait une erreur que l’on serait bien inspiré d’éviter, surtout dans le contexte de tension actuel».

Lors de la conférence de presse du 11 octobre, Abou Abdallah Tounsi a quant à lui déploré la répression du pouvoir à l’encontre des salafistes, surtout depuis l’attaque de l’ambassade américaine le 14 septembre. Les personnes arrêtées à cette occasion ont, selon lui, été torturées, privées de visite et même privées du Coran.

C’est selon lui une «pratique à laquelle même l’ancien président Ben Ali n’a pas recouru dans sa politique répressive du mouvement islamiste», a rapporté le site Kapitalis.

Lu sur Kapitalis, Tuniscope

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