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Nord-Mali - Le front invisible de la guerre

Le quotidien français Libération a publié le 10 octobre un reportage exclusif sur la ville de Mopti au Mali, située à 600 kilomètres au nord-est de Bamako. Cette ville, devenue stratégique depuis la partition du pays, est une véritable «charnière militaire entre le Nord et le Sud» selon Libération:

«Nous sommes en alerte rouge. Si nous devions intervenir pour survoler les positions tenues par les rébellions armées, nous pourrions intervenir immédiatement» a expliqué le colonel Daouda Dembélé, qui commande une base militaire de Sévaré (ville collée à Mopti).

L’homme a indiqué disposer de «4.000 hommes stationnés à Sévaré», en plus des 1.000 autres envoyés sur la route de Douentza, au plus près du front.

Pourtant, un ressortissant français resté sur place et interrogé par Libération a confié que le nombre de militaires en ville était bien inférieur.

«Au mieux, je dirais 200, dont la moitié se trouvait l’autre soir à boire de la bière dans un maquis [restaurants populaires, ndlr] et, évidemment, cela a fini en bagarre».

La ville a en outre beaucoup changé depuis le mois d’avril et la prise de contrôle du Nord-Mali par les groupes islamistes, a observé Libération. Auparavant «bouffie par le commerce, elle est devenue morne».

«La ville a beaucoup changé depuis six mois. Tout le monde a fui, y compris les fonctionnaires. Il ne reste que les plus pauvres et des réfugiés du Nord» a indiqué à son tour l’évêque de Mopti, Msgr Georges Fonghoro. 

«Personne n’est à l’abri d’une attaque, d’un attentat. Il y a des infiltrés dans la population et il faut rester très vigilant, même si je crois que les habitants se trouvent un peu plus rassurés par la présence des militaires».

Une caserne de la milice d’autodéfense Ganda Iso (les fils du terroir en songhaï), qui prétend vouloir lutter contre les factions islamistes du Nord, s’est installé à 15km de Mopti. Le quotidien Libération estime savoir de sources occidentales que la milice pourrait avoir été elle-même infiltrée par des éléments djihadistes.

Lu sur Libération

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