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Violences post-électorales au Bénin: une soixantaine de manifestants renvoyés en détention

Une soixantaine de personnes arrêtées à la suite des manifestations d'opposants qui ont éclaté après les élections législatives controversées du 28 avril au Bénin ont été renvoyées en détention mercredi par un tribunal de Cotonou.

64 personnes accusées notamment de dégradation de biens publics par le Parquet, ont d'abord été présentées mardi devant le Tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou, mais le juge Rodolphe Azo s'est déclaré incompétent et a demandé au Ministère Public à mieux se pourvoir.

"Le juge d'instruction a été saisi et (...) a inculpé les mis en cause des chefs de violences et voies de fait, participation à un attroupement armé, incitation directe à un attroupement armé et entrave à une enquête de police avant de saisir le Juge des Libertés et de la Détention", rapporte Elon'm Mario Metonou, le procureur de la République du Bénin dans un communiqué publié mercredi soir. 

Le juge des libertés a ordonné la remise en détention de 60 d'entre eux et la mise sous contrôle judiciaire de quatre, dans l'attente de leur procès, repoussé à une date non fixée.

"Au fil des investigations, ce qui apparaissait au début comme un mouvement spontané s'est révélé être une action planifiée, concertée et bien coordonnée", rapporte le procureur, qui met en cause des "appels à la violence" de certaines personnes, sans donner de nom.  

La décision de remettre les manifestants arrêtés en prison, près d'un mois après les faits a causé de nombreuses réactions au Bénin. Un avocat de la défense, Max d'Almeida, a regretté que "des innocents croupissent en prison pendant le temps de l'instruction". 

Parmi les personnes jugées, figure Philippe Aboumon, un proche parent de l'ancien président Thomas Boni Yayi, poursuivi pour "incitation à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux", et Denis Djossou, un revendeur, dont la main à été amputée après l'explosion d'une grenade lacrymogène. 

Le 1er mai, quelques jours après les élections législatives auxquelles l'opposition n'a pas pu présenter de candidats, des centaines de personnes s'étaient rassemblées autour du domicile de l'ancien président, craignant qu'il ne soit arrêté par les forces de l'ordre. 

L'ancien président Boni Yayi avait assuré que les 83 députés élus au terme de ces législatives, qualifiées de "Coup d'Etat électoral", devraient "marcher sur des corps", avant d'entrer au Parlement. Il avait demandé au chef de l'Etat Patrice Talon d'interrompre le processus électoral et la population à "un sursaut patriotique". 

L'armée et la police ont finalement délogé les supporters de Boni Yayi en ouvrant le feu sur la foule et gardent une forte présence autour de son domicile, plus d'un mois après les faits. 

Selon Amnesty International, la répression a fait au moins "quatre morts par balle" (sept selon l'opposition) et marque un tournant dans l'histoire du Bénin, considéré comme un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest depuis 30 ans. 

AFP

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