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Tunisie - Rached Ghannouchi, un salafiste refoulé et démasqué? (VIDEO)

La vidéo de Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahda, diffusée dans la soirée du 9 octobre sur les réseaux sociaux pourrait bien avoir l’effet d’une bombe sur la scène politique tunisienne.

Filmé à son insu, Ghannouchi semble s’entretenir avec des salafistes, qu’il tente de rassurer. Dans la vidéo, on peut voir un Ghannouchi faire un appel du pied à ces interlocuteurs tenant d'un islam radical. Il promet son aide à ses présumés salafistes pour l’ouverture d’une université, d'une station de radio…

Plusieurs caciques du parti Ennahda démentent et dénoncent un trucage. Rien n'indiquerait la date à laquelle la vidéo a été filmée, hormis sa diffusion sur les réseaux sociaux le 9 octobre 2012. 

Reste que le message de Ghannouchi est clair: prenez votre mal en patience et ne baissez pas les bras.

«L’appareil de l’Etat est encore détenu par les adversaires», affirme Ghannouchi.

Pour étayer son propos, il prend l’exemple de l’AIgérie après l'annulation des élections législatives remportées par les islamistes en décembre 1990-janvier 1991:

«Croyez-vous qu’il n’y aura pas de retour possible en arrière? C’est ce que nous avions cru vivre en Algérie dans les années 90, mais notre jugement était erroné: les mosquées sont retombées dans les mains de laïcs et les islamistes ont été de nouveau persécutés».

Le site Nawaat souligne que Ghannouchi a également déploré la situation en Tunisie sous les régimes précédents:

«L’article 1 de la Constitution [stipulant que l'Islam est la religion de l'Etat] était en vigueur sous les deux règnes de Bourguiba et Ben Ali, et cela n’empêchait pas le pouvoir d’avoir régné sans les commandements de l’Islam, et d’avoir même combattu ce dernier».

Ghannouchi évoque également lors de la discussion les réticences suscitées par la charia en Tunisie. Durant tout l'entretien, le chef d’Ennahda veut rassurer ses interlocuteurs qu'il épouse leurs points de vue sur un islamisme plus radical opposé à la laïcité. L'affaire de la vidéo suscite une polémique croissante en Tunisie:

«Les confidences dangereuses de Rached Ghannouchi: grogne dans la classe politique sur la duplicité d'Ennahda», titrait Le Quotidien. Ce journal tunisien souligne que «nul islamiste ne peut nier que M. Ghannouchi a clairement insisté dans la vidéo sur la nécessité d'extirper les laïcs des places fortes de l'Etat».

Le Quotidien note que «le plus grave dans les propos (de M. Ghannouchi) c'est de dire que les islamistes doivent impérativement écarter les laïcs (...) et mettre la main sur l'administration tunisienne et tous les rouages de l'Etat afin de pouvoir s'implanter et éviter de reproduire l'échec algérien».

L'opposition tunisienne a qualifié de «très grave» le contenu de la vidéo illustrant «le double discours d'Ennahda»:

«Ces déclarations (de Ghannouchi), qui nous inquiètent et nous perturbent à Ettakatol, sont dangereuses et en contradiction avec le style démocratique et avec les valeurs de tolérance de la religion islamique», a déclaré Mohamed Bennour, porte-parole du parti Ettakatol.

L’islamologie Mohamed Talbi voit dans les propos de Rached Ghannouchi, la confirmation que celui-ci n'est pas partisan de la démocratie: 

«On dit que cet homme a évolué, mais j'ai des doutes concernant son évolution. Il a évolué du rejet total la démocratie à l'appel à la démocratie. Je considère que cet appel n’est pas sincère, parce qu’il (Ghannouchi, Ndlr) est salafiste. Et le salafisme et la démocratie ne se rencontrent jamais

Lu sur Nawaat, Webdo.tn,Kapitalis, Algérie-Focus,Business News

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Surtitre: 
Kapitalis
Date: 
Thu, 2012-10-11 16:23
auteur: 

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