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Algérie: les étudiants dans la rue contre la présidentielle et Gaïd Salah

Des milliers d'étudiants et enseignants ont défilé comme chaque mardi à Alger, scandant des slogans hostiles au chef d'état-major de l'armée, homme fort de facto du pays, et réitérant leur refus de la présidentielle prévue le 4 juillet, selon un journaliste de l'AFP.

Après s'être rassemblés près de la Grande Poste, point de ralliement des manifestations contre le pouvoir depuis le 22 février dont l'accès est désormais barré par des palissades, les étudiants ont pris le chemin de la Place des martyrs, vaste esplanade en contrebas du quartier de la Casbah, à environ 1,5 km.

Face à un imposant cordon de police leur barrant le chemin, les étudiants ont fait demi-tour avant d'arriver à destination et sont retournés défiler sans incident dans le centre, où de nombreux policiers étaient aussi déployés.

La semaine précédente, ils étaient parvenus devant le Palais du gouvernement, qui abrite les services du Premier ministre et le ministère de l'Intérieur, mais des échauffourées avaient éclaté avec la police.

Mardi, de nombreux policiers, munis de casques et de boucliers, avaient été déployés dans les rues menant à l'Assemblée nationale et au Palais du gouvernement, proches. 

"Pas d'élections, bandes de mafieux", ont scandé les manifestants, rejetant comme le reste du mouvement de contestation tout scrutin organisé par l'appareil hérité des 20 ans de présidence d'Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril et dont le successeur doit être élu le 4 juillet.

A Alger et dans plusieurs autres villes du pays, selon les médias et réseaux sociaux, ils ont également réclamé "un Etat civil, pas un Etat militaire" ou conspué le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Certains brandissaient également des pancartes en hommage à Kamel Eddine Fekhar, militant des droits humains et de la cause mozabite, une minorité berbérophone d'Algérie, décédé mardi en prison où il était en grève de la faim depuis son arrestation fin mars.

"Ce pouvoir assassin a tué", proclamait ainsi à Alger une pancarte portant la photo du militant.

Mardi, le général Gaïd Salah a prôné un dialogue fait "de concessions mutuelles" devant permettre une présidentielle "dans les plus brefs délais". Il a semblé exclure la tenue du scrutin le 4 juillet, mais a dit refuser les "périodes de transition aux conséquences incertaines", que réclament les manifestants.

Il défendait jusqu'ici, comme seule voie de sortie de crise, la "solution constitutionnelle" passant par la présidentielle le 4 juillet, mais seules deux personnalités sans envergure ont déposé leur candidature, rendant incertaine la tenue du scrutin.

AFP

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