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RDC: la presse divisée sur les déclarations de François Hollande


François Hollande, le 10 octobre 2012 à Paris AFP Fred Dufour

La presse congolaise était divisée mercredi sur les déclarations de François Hollande, la veille, critiquant la situation des droits de l'homme et de la démocratie en République démocratique du Congo (RDC), qui accueillera samedi et dimanche le sommet de la francophonie à Kinshasa.

"Hollande: procureur ou professeur?" s'interroge le quotidien La Référence Plus, qui souligne un "regain de tension entre Paris et Kinshasa avant le sommet de la Francophonie". Le Phare se borne à suligner que Kinshasa est "outrée" par les propos du président français.

"La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition", avait déclaré M. Hollande mardi.

Le gouvernement du président Joseph Kabila a rapidement rejeté un jugement ne correspondait "à aucune réalité". "C'est au peuple congolais d'accepter ou ne pas accepter une situation au Congo", a dit à l'AFP le porte-parole Lambert Mande.

Sous le titre "Hollande étale ses priorités", le journal L'Observateur estime que le président français annonce le contenu de son discours devant les responsables de la francophonie.

Pour Uhuru, Hollande a été "dur": "Est-ce de bon augure à quelques jours du tant attendu sommet de la Francophonie?" s'interroge le journal.

Le Potentiel préfère titrer sur un rapport récent d'Amnesty International très sévère pour les dirigeants du pays sur les droits humains dans l'Est. Le quotidien affirme tout de même que François Hollande "annonce la couleur" de son discours prévu pour être bref. "Sept minutes qui pourraient s'avérer piquantes pour certains dirigeants africains", selon lui.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole d'Etienne Tshisekedi, chef de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS -principal parti d'opposition), a estimé que le président français avait dit "ce que pense la majorité des Congolais". "Il est inacceptable que les Congolais vivent dans cet enfer", a déclaré Albert Moleka.