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Des femmes dans les rues d'Alger, mai 2010 © REUTERS/Zohra Bensemra
Des femmes dans les rues d'Alger, mai 2010 © REUTERS/Zohra Bensemra

Les Algériennes refusent le diktat des hommes

Longtemps dépendante de l'homme, la femme algérienne a acquis, grâce au travail, autonomie et liberté. Mais elle doit toujours affronter le machisme primaire de la société.

Dans toutes les sociétés du monde contemporain, deux dangers potentiels guettent la femme: sa dépendance financière exclusive de l'homme et les dogmes dictés par les moult conservatismes rétrogrades.

Dans les pays industrialisés, la femme a réussi cependant à s’affranchir plus au moins de ces chaînes.

Elle est arrivée —pour paraphraser un célèbre humoriste français qui n’a plus la cote— «à se faire exploiter avec un minimum de courtoisie».

Pour le cas algérien —comme d’ailleurs dans la majorité des pays arabes— le problème reste posé, mais avec moins d’acuité, principalement grâce à une certaine ouverture économique à la gent féminine, qui concoure depuis quelques années à améliorer le statut de la femme.

En effet, il n'y a pas si longtemps l’homme était le seul capable de prendre en charge les besoins de la famille. Désormais, la femme participe à part égale voire plus aux dépenses du foyer. Mine de rien, c’est une petite victoire de celle-ci sur l’ordre établi.

La tentation du machisme primaire

Le travail permet à la femme non seulement une relative indépendance financière, mais il lui garantit également une certaine liberté et plus de marge de manœuvre.

Aussi, l’accès au secteur professionnel pour la femme demeure la conséquence heureuse de son accès à l’instruction avant tout.

En Algérie l’on remarque que les filles réussissent mieux leurs études que les garçons; elles en tirent par conséquent plus d’assurance et plus de responsabilité.

Quant au second danger qui guette la femme, à savoir le machisme primaire, il s’agit d’un état d’esprit qui a la peau dure, et qui se manifeste sous différentes formes, selon le lieu et le contexte dans lesquels il sévit.

Pour imposer son «sexe dominateur», l’homme trouve toujours le moyen de justifier son réflexe quasi reptilien de soumettre la femme.

Il interprète ses pulsions dominatrices soit par les traditions, soit par une interprétation biaisée de la religion, soit par la nature qui le gratifierait de quelque supériorité biologique sur la femme.

Cependant, il fait sciemment abstraction de cette éventualité embarrassante: le comportement machiste est la conséquence chimique d’un accès de testostérone.

Le plus troublant, ce sont ces femmes, en Algérie et ailleurs —les belles mères généralement— qui perpétuent cette espèce de misogynie entre personnes du même sexe et qui ainsi font la part belle aux hommes: le fils, le mari, le frère, etc.

Freud et son Œdipe ne sont pas loin!

Mais, de l’avis général, la femme algérienne, en gagnant le droit d’étudier et d’exercer une activité professionnelle, a décroché deux acquis majeurs, nécessaires à son émancipation.

Quant au poids des traditions, il faudra le temps nécessaire pour que les mentalités évoluent. Il est évident aujourd’hui, qu’un couple d’il y a cinquante ans en Algérie ne ressemble pas à un couple qui s’est formé sur les bancs de l’université.

Gageons maintenant, que le combat que mènent les femmes en Algérie pour leur émancipation, ne tombe pas dans le piège facile du féminisme poussé à outrance. Celui qui voit en l’homme non pas un partenaire dans la vie, mais un adversaire à mettre en échec.

Fayçal Anseur (Algérie-Focus)

 

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