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Nigeria - Des étudiants victimes de la loi de la jungle

La loi de la jungle semble régner dans certains endroits du Nigeria.

Le 5 octobre, au sud du pays, 4 étudiants accusés de vol, ont été lynchés. Cet incident a eu lieu précisément dans la communauté de Umuokiri-Aluu dans l'Etat de Port Harcourt. Ces étudiants étaient accusés d'avoir volé des téléphones et des ordinateurs portables, note BBC Afrique.

Pendant une conférence de presse, le vice-chancelier de l'Université de Port Harcourt, Joseph Ajienka, a affirmé que trois de ces étudiants —Biringa Chiadika Lordson, Ugonna Kelechi Obuzor, Mike Lloyd Toku— sont bien de son établissement, alors que l'origine de la quatrième victime, Ekena Erikena, reste à déterminer, rapporte Nigerian Tribune.

Une agence de sécurité, la Joint task force (JTF), a arrêté 13 suspects, le 7 octobre dans la communauté locale de Umuokiri-Aluu. Parmi eux, figure le chef traditionnel des Aluu, qui serait responsable de ces meurtres. Ils ont été arrêtés grâce aux vidéos des meurtres postées sur Internet.

Selon le Nigerian Tribune, les magasins de Umuokiri-Aluu sont fermés et très peu de gens sortent dans les rues qui d'habitude débordent d'activités. De plus, personne ne veut s'exprimer devant les journalistes.

Pourquoi les quatre étudiants accusés de vol n'ont pas été amenés à la police? BBC Afrique explique que beaucoup de Nigérians se font justice eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas confiance en la police.

D'après les investigations du Nigerian Tribune, «les victimes de la loi de la jungle menaient en fait une vie qui était totalement différente de la raison pour laquelle ils ont été tués».

Deux des étudiants lynchés faisaient de la musique et étaient connus dans le campus où ils organisaient des concerts. Ugonna,alias  Tipsy, and Lloyd alias Big L ont même enregistré une chanson intitulé Ain't no love in the heart of the city.

«La chanson a circulé sur les réseaux sociaux depuis leur mort et il semble clair que les deux musiciens étaient des stars en devenir».

Ces lynchages interviennent quelques jours seulement après le massacre du 1er octobre à Mubi, dans le nord-est du pays, où environ 40 étudiants ont été abattus dans une résidence universitaire.

Lu sur Nigerian Tribune, BBC Afrique

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