SlateAfrique

mis à jour le

La crise au Mali, une aubaine pour le business

Alors que le Mali est englué dans une crise sans précédent depuis le coup de force militaire du 21 mars dans le nord du pays, en coulisses les investisseurs aiguisent leurs couteaux, révèle le 8 octobre l’agence suisse Ecofin, spécialisé dans les principaux secteurs africains de l’économie.

 «En accélérant l’effondrement de l’institution étatique, les islamistes ont contribué à redessiner le marché malien, et même sous régional, en favorisant le business de la guerre», dévoile le site.

Et les méthodes sont bien huilées. Sur le plan humanitaire, les associations et ONG internationales guettent le moindre départ de pandémie, de pénurie d’eau potable ou de famine pour lancer les collectes de fonds. Les chasseurs d’images sont à l’affut des photos de femmes et d’enfants victimes de malnutrition, qui illustreront les prochaines affiches de campagnes de fundraising.

Et qui dit intervention militaire étrangère dit par ricochet crise humanitaire. C’est pourquoi les fabricants de médicaments et de matériels de premiers secours font tourner à plein régime leurs entreprises afin d’anticiper les besoins: notamment les commandes des ONG, des grands pays donateurs mais aussi des agences spécialisées de l’ONU.

«Dans la partie nord, avec l’interdiction instaurée par les islamistes de commercialiser du tabac et de l’alcool, la contrebande a pris une ampleur phénoménale», analyse Ecofin

Le business au Mali repose intégralement sur l’or et le coton qui génèrent à eux seuls 30% du PIB malien, souligne Ecofin.

Et d’ajouter:

«Pour ce qui est de l’or, les analystes attendent une production de 12 tonnes, en 2012, des 8 mines en exploitation à Sikasso et à Kayes, situées dans la partie sud du pays, ce qui fait du Mali, le troisième producteur africain d’or

Les autorités cèdent de plus en plus les gisements aux entrepreneurs privés. En outre, les pays limitrophes du Mali se frottent également les mains. Certains opérateurs algériens, sénégalais, nigériens ou encore mauritaniens ont transformé leurs frontières avec le Mali en comptoirs de trafic, «avec la complicité de douaniers véreux», révèle Ecofin.

Le Mali devient peu à peu un vaste marché noir pour tous ces entrepreneurs qui profitent de la crise dans ce pays. Pendant ce temps, les conditions de vie des Maliens se détériorent de plus en plus. 

Lu sur Agence Ecofin

A lire aussi

Mali: La société civile libère la parole

Le Mali a vraiment perdu la tête

«Ansar al Din est le véritable maître au Nord Mali»

Iyad ag Ghali, le nouveau maître islamiste au Nord Mali

A Bamako, la guerre est loin