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Abdelaziz Bouteflika, à Sétif, mai 2012. © REUTERS/Louafi Larbi
Abdelaziz Bouteflika, à Sétif, mai 2012. © REUTERS/Louafi Larbi

Ce que Einstein aurait dit s'il avait vécu en Algérie

Chez Abdelaziz Bouteflika, l'on ne voit grand que pour construire le plus haut minaret du monde, mais petit quand il s’agit de promouvoir l'épanouissement intellectuel.

L'Algérie a raté son rendez-vous avec le progrès. Encore une fois.

Le deuxième mandat de Bouteflika (le 3e aussi) était l’occasion propice pour promouvoir l’intelligence et passer de l’ère de la rente pétrolière à celle du génie humain du XXI siècle.

La conjoncture était pourtant favorable à l’investissement dans la matière grise; l’argent du pétrole coulant à flot dans les caisses de l’Etat.

De quoi mettre à contribution le savoir-faire et les compétences des enfants prodiges de l’Algérie et opérer une transition naturelle, qui aurait permis à ce pays d’amorcer sa sortie de l’atonie qui frappe les pays tiers.

Mais non, comme toujours la médiocratie et la gabegie ont tué dans l’œuf toute velléité de changement.

Discours populistes et réformes en trompe-l'oeil

On continue à nourrir le peuple de discours populistes et de réformettes. On ne voit grand que pour construire le plus haut minaret du monde, mais petit quand il s’agit de promouvoir l’épanouissement intellectuel.

En un mot, on sacrifie l'avenir pour faire du surplace.

Pourquoi? Parce que la science, la recherche, la réflexion, le libre arbitre, la contemplation philosophique, le débat politique, l’organisation civile et tutti quanti, en somme tout ce qui permet à une nation de prendre le train en marche et d’avancer, fait peur au pouvoir en place.

Un peuple qui pense est un peuple qui demande des comptes, c’est à dire un peuple qui représente un risque réel pour la survie du régime, estime-t-on. Alors, on fait comme si.

Le paradoxe des royaumes complexés

On nomme des ministres pour faire de l’esbroufe patriotique de «la préférence nationale», on feint de s’intéresser à notre matière grise qui fuit à l’étranger, en oubliant, à l’occasion, celle restée au pays.

C’est le paradoxe des royaumes complexés, où le roi pour se sentir roi, s’entoure de courtisans gagnés à sa cause et tient la dragée haute aux esprits éveillés.

Qui a dit «Deux choses sont infinies: l’univers et la bêtise humaine, en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas acquis la certitude absolue»? Albert Einstein.

Pauvre Einstein, qu’est-ce qu’il aurait dit s’il avait vécu en Algérie?

Fayçal Anseur

 

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