SlateAfrique

mis à jour le

Premier ministre de Libye, un job trop compliqué

Près d'un an après la mort de Mouammar Kadhafi, les nouveaux dirigeants libyens font l’expérience d’une vie politique plus démocratique. Le Premier ministre élu Moustapha Abou Chagour en a fait les frais. Il a été démis de ses fonctions le 7 octobre après le rejet de l’Assemblée nationale d’un nouveau gouvernement, trois jours après le refus en bloc de sa première proposition vivement critiquée par les députés.

125 députés ont refusé d'accorder leur confiance au «gouvernement de crise» contre 44 voix favorables et 17 abstentions, rapporte la BBC.

Avant le vote, Moustapha Abou Chagour a tenu à justifier son choix auprès des parlementaires. Selon lui, sa proposition permettrait de gouverner la Libye sans tomber dans des considérations régionalistes. Il a exhorté les membres à «prendre leurs responsabilités en ce moment historique».

Or ces considérations géographiques et tribalistes sont un élément constitutif de la Libye, dont l’Etat n’existe pas (encore). Des considérations jugées irréalistes par le Premier ministre «recalé»:

«Le premier gouvernement n'était pas parfait. Et nous aurions pu le discuter et le remanier (...) mais les demandes des membres du congrès étaient irréalistes: quelques uns exigeaient un portefeuille bien précis pour leur région, l’un des blocs politiques a demandé onze portefeuilles et un autre en a exigé neuf».

Obstinée, le Premier ministre a maintes fois répété qu’il ne céderait pas à la pression des blocs politiques, précise la BBC. Elu le 12 septembre dernier contre le libéral Mahmoud Jibril, il est obligé de se retirer moins d’un mois après sa nomination.

Ces soubresauts ne doivent toutefois pas être l’occasion d’une déstabilisation du pays, déjà en proie à l’ordre des milices et aux nostalgiques de l'ancien régime.

«Les députés, soucieux d'assurer la continuité des institutions, ont décidé de renouveler leur confiance dans le gouvernement sortant d'Abdel Rahim al-Kib. Il devra gérer les affaires courantes jusqu'à ce que les parlementaires se choisissent un nouveau Premier ministre», précise le site RFI.

Lu sur BBC, RFI

A lire aussi

Qui sont les djihadistes maghrébins?

Qui avait intérêt à «ce que Kadhafi se taise à jamais»

Libye: les milices font toujours la loi