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Tueries, déplacés, colère: une journée de violence ordinaire dans l'est de la RDC

Massacre de civils, déplacés fuyant des combats par milliers, habitants en colère après la mort d'un enfant de 12 ans tué par balles: l'est de la République démocratique du Congo a vécu vendredi une journée de violence ordinaire, encore fréquente malgré les changements politiques en cours à Kinshasa.

De l'Ituri (nord) au Sud-Kivu, l'est de la RDC reste "miné par l'insécurité" comme l'a constaté cette semaine le nouvel émissaire des Nations unies pour la région des Grands lacs, Huang Xia.

Les groupes armés continuent d'opérer "faute d'une présence et d'une capacité dissuasive de l'Etat congolais", a diagnostiqué le diplomate chinois dans un entretien avec Radio France internationale (RFI).

Ces conflits de basse intensité perdurent alors que la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) cherche une stratégie de sortie après 20 ans de présence.

Les questions de "sécurité" seront l'une des trois priorités du déplacement lundi à Kinshasa du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dont le pays a pris l'initiative de résolutions sur la RDC au Conseil de sécurité.

En Ituri, 19 corps ont été ramassés après l'attaque de quatre localités dans une zone isolée au bord du lac Albert en face de l'Ouganda, a indiqué vendredi soir la Monusco à l'AFP.

- Massacre -

Les assaillants sont inconnus. "La société civile parle d'un massacre contre des populations lacustres et exige des enquêtes", a rapporté la radio onusienne Okapi.

Dans la province voisine du Nord-Kivu, au moins cinq civils et un militaire ont été tués dans le territoire de Beni sur une route en direction de l'Ouganda, ont indiqué des sources civiles et militaires à un correspondant de l'AFP.

Comme d'habitude, l'attaque non revendiquée est attribuée par les autorités aux redoutables et mystérieuses milices des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont tenus responsables du massacre de centaines voire de plus demille civils depuis octobre 2014 et de la mort de quinze Casques bleus en décembre 2017.

L'organe de propagande du groupe Etat islamique a pour la première fois en avril revendiqué une attaque attribuée aux ADF. Il s'agirait d'une première dans l'est de la RDC majoritairement chrétien, bien plus hermétique apparemment au terrorisme jihadiste que la bande sahélo-saharienne du Tchad au Burkina Faso.

En marge de ces conflits de basse intensité, la région de Beni-Butembo est en proie à une épidémie d'Ebola qui a tué 1.161 personnes.

- Insécurité -

L'insécurité complique le travail des équipes médicales sur le terrain (médecin de l'OMS tué, attaque contre des Centres de traitement d'Ebola...). Même les enterrements "dignes et sécurisés" menés par la Croix-Rouge pour éviter la propagation du virus se font sous escorte policière, selon un photographe de l'AFP.

Toujours dans le Nord-Kivu, un écolier de 12 ans a été tué jeudi par un policier dans la répression d'une manifestation des habitants contre les enlèvements de civils à Kiwanja à 70 km de Goma.

Le policier a été arrêté et va être poursuivi, a promis la police.

Les rapts représentent une facette de l'insécurité qui menace les civils dans le Nord-Kivu. Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) demande d'ailleurs à l'opérateur de téléphonie mobile Airtel d'aider les autorités à géolocaliser les ravisseurs qui utilisent son réseau.

Dans le Sud-Kivu enfin, de l'autre côté du lac éponyme face au Burundi, des milliers de civils ont fui des combats entre l'armée régulière - épaulée par la force des Nations unies - et des rebelles.

Le territoire de Fizi est le fief d'un ex-officier de l'armée congolaise, William Amuri Yakutumba, qui avait déserté l'armée régulière pour défier l'ancien président Joseph Kabila.

"Il y a des conflits tribaux. Chaque tribu à son groupe armé", déclare un élu local, Charles Sadiki qui pointe aussi la présence de "groupes armés étrangers" venus du Burundi.

Lors de sa campagne, le nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi, avait promis d'installer l'état-major de l'armée dans l'est du pays pour lutter contre l'insécurité. Promesse non tenue.

Lors d'un déplacement en avril dans l'Est, il a promis la "tolérance zéro" envers les politiciens qui instrumentalisent les groupes armés.

AFP

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