SlateAfrique

mis à jour le

Cet explosif cocktail à base de cornes de rhino venu d'Afrique du Sud

La nouvelle lubie de la jeunesse dorée vietnamienne: boire un cocktail contenant de la poudre de corne de rhinocéros, révèle le site britannique The Guardian.

Ces consommateurs croient dur comme fer que la corne de rhinocéros peut accroître leurs performances sexuelles, rapporte l’hebdomadaire français Courrier International.

D’autres «croient que la corne de rhinocéros facilite la détoxication du corps, en particulier après l’ingestion excessive d’alcool et d’aliments riches. Des consommateurs fortunés ont donc pris l’habitude de verser de la poudre de corne de rhino dans une boisson, de l’eau ou de l’alcool, et de la consommer comme un remontant et un remède contre la gueule de bois», explique un rapport publié en août dernier par le réseau Traffic, chargé de surveiller le commerce des bêtes sauvages.

Ces extravagances ont des répercussions dramatiques en Afrique du Sud, où l’existence des rhinocéros, est mise en danger, signale le 2 octobre le Zambia Daily Mail.

Le braconnage en Afrique du Sud s’est accéléré dès 2008, quand 122 rhinocéros ont été sacrifiés pour leur corne.

Depuis, les chiffres ne cessent d'exploser. En 2010, 333 bêtes ont été abattus, et 448 en 2011. Sur les dix premiers mois de 2012, 388 ont péri, précise le Zambia Daily Mail

Ce qui pourrait faire de cette année la plus meurtrière depuis qu’il existe des statistiques sur le sujet, note The Guardian.

«L'intensification du braconnage est alarmante. Si rien n’est fait, 550 rhinocéros pourraient être sacrifiés, d’ici la fin de l’année», avertit Jo Shaw, coordinatrice de la World Wide Fund en Afrique du Sud (WWF-SA), dans le Zambia Daily Mail.

«Perdre 500 bêtes par an au lieu de 12 ou 14 est une catastrophe», affirme Tom Milliken, directeur des régions orientale et méridionale de l’Afrique pour le réseau Traffic.

«Depuis le début de ma carrière, c’est la première fois que je vois la corne de rhino atteindre de tels prix», s’est-il inquiété.

Les cornes transitent par une série d’acheteurs intermédiaires, d’exportateurs et de coursiers, souligne The Guardian. En moins de vingt-quatre heures, un coursier peut faire l’aller-retour entre le Vietnam et l’Afrique du Sud, le sac à dos rempli de cornes de rhinocéros au retour. 

Pourtant l’Afrique du Sud a renforcé ses mesures de lutte contre le braconnage, alors que le Vietnam est accusé de ne pas prendre cette crise au sérieux. Et ceci, en dépit des pressions exercées par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (Cites).

Lu sur Zambia Daily Mail, The Guardian et Courrier International

 

A lire aussi

Cameroun, le nouveau cimetière des éléphants

Ivoire: le commerce qui scelle la mort de l'éléphant d'Afrique

Sexe, argent et braconnage