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Le Congo-Kinshasa n'est pas près de sortir de l'impasse

Les guerres récurrentes que connaît la République démocratique du Congo, accentuées par la rébellion du M23, ne sont près de s’estomper.

Et le pire est à craindre dans ce pays qui partage ses frontières avec neuf autres Etats africains.  

Ce 4 octobre, l’International Crisis Group a publié un rapport de 24 pages dans lequel il fait état de l’échec du plan de stabilisation qui a été entrepris dans l’est de la RDC, a indiqué Radio Okapi.

Le rapport indique que la région des Kivus dans l’est congolais connaît une nouvelle recrudescence de la violence, notamment du fait d’une force rebelle soutenue par le Rwanda voisin.

Il faudrait que communauté internationale accentue ses pressions sur les autorités de Kinshasa et de Kigali pour une sortie de crise. Le rapport explique:

«Depuis la mutinerie de Bosco Ntanganda, en avril 2012 et la formation du M23, les Kivus sont en proie à une nouvelle spirale de violence. Cette crise révèle que les problèmes d’aujourd’hui ne sont en fait que la résultante des problèmes d’hier.»

Dans ledit rapport, il est écrit que l’application de l’accord du 23 mars 2009, entre le gouvernement et le Conseil national pour la défense des peuples (CNDP) a été un jeu de dupes au cours duquel les autorités congolaises ont fait semblant d’intégrer politiquement le CNDP, tandis que celui-ci faisait semblant d’intégrer l’armée congolaise.

«A l’instar des précédentes rébellions, le M23 a créé sa propre administration territoriale et son système de financement dans une partie du Nord-Kivu. Profitant du vide sécuritaire, les groupes Maï-Maï prolifèrent dans les zones rurales et commettent des exactions qui exacerbent les tensions interethniques», soutient l’International Crisis Group.

La RDC, l’ONU et les ONG accusent le Rwanda de soutenir les rebelles du M23. Des accusations que le gouvernement de Paul Kagamé réfute totalement.

«La réponse au problème du Kivu se trouve à Kigali et à Kinshasa, mais aussi à Bruxelles, à Washington et à New York. La principale recommandation que nous faisons dans ce rapport est d’exercer des pressions à la fois sur Kigali et sur Kinshasa», a déclaré Thierry Vircoulon, directeur de Crisis Group pour l’Afrique.

Selon lui, plusieurs autres facteurs expliquent l’échec des négociations dans la région. L’impunité qui sévit toujours dans la région, l’exploitation illégale des ressources naturelles, en plus d’une absence de la réforme de l’armée, sont cités comme principales causes.

A court terme, International Crisis Group préconise en urgence un cessez-le-feu entre l’armée congolaise et le M23, sous la supervision de l’ONU.

Par ailleurs, les accords de 2009 doivent être évalués conjointement dans le cadre du comité de suivi international prévu à cet effet, poursuit l’ONG.

Selon elle, cette évaluation devrait servir de base pour la reprise du dialogue entre le gouvernement et le CNDP.

Lu sur Radio Okapi

 

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