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Une pop star nigériane en Chine

Le New York Times relate l'histoire d'Emmanuel Uwechue, devenu le premier expatrié africain à se faire un nom sur la scène de l’Empire du Milieu.

Nigérian, il est devenu aujourd'hui une véritable star de la pop en Chine. C’est sous le pseudonyme de Hao Ge (bonne chanson, en mandarin) qu’il s’impose dans les charts pékinois. Sa success story, un «Africain qui poursuit son rêve en Chine» intrigue la presse locale.

Qu’est-ce qui a bien pu le pousser à s’établir à 10.000 kilomètres de sa terre d’origine, dans un pays où la diaspora subsaharienne est si peu nombreuse?

Originaire de Lagos, c’est un de ses amis chinois qui lui fait découvrir ce pays. En 2002, Emmanuel Uwechue embarque vers la gloire. Alors qu’il enchaîne les bars de Beijing, la capitale, il se fait repérer par Liu Huan, un des principaux producteurs de musique en Chine. Puis tout va très vite.

A 33 ans, il s’est notamment fait connaître avec l’émission Xin Guang Da Dao, la version chinoise d'A la recherche de la nouvelle star.

Ses apparitions à la télévision d’Etat seraient maintenant suivies par des centaines de millions de téléspectateurs.

«Il est doué —ce n’est pas juste un autre étranger qui a réussi à passer à la télé seulement parce qu’il pouvait parler et chanter en chinois», témoigne Yu Na, une Chinoise de 40 ans.

Si ses chansons d'amour sont sur les lèvres de toutes les adolescentes chinoises, il doit comme tous les autres artistes du pays se plier aux strictes normes gouvernementales quant au contenu de ses textes. C’est pourquoi ses albums (Red and Black (2006), Hao Ge’s Latest Songs (2008), Beloved Life (2009)) tournent tous les trois autour de peines de cœur.

La symbolique est importante au regard des relations entre la Chine et l’Afrique. Hao Ge en est conscient. Il admet devant le New York Times que si le choix de la Chine n'a pas été bien compris par ses proches, ceux-ci sont maintenant fiers de son succès sans frontière.

Lu sur le New York Times