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Egypte - Deux enfants coptes emprisonnés pour blasphème

Après deux jours de détention, deux enfants égyptiens de confession chrétienne âgés de neuf et dix ans et accusés d'atteinte à l'islam ont été libérés par décision du parquet général égyptien.

Le procureur, Abdel Meguid Mahmoud, a pris cette décision en raison de l'âge des accusés, a déclaré à l'AFP une source au bureau du procureur, sans préciser si l'affaire était formellement classée.

Les deux enfants chrétiens coptes, Nabil Naji Rizq (10 ans) et Mina Nadi Faraj (9 ans) avaient été arrêtés le 2 octobre à Beni Suef, situé dans le centre de l’Egypte, rappelle le journal égyptien Al-Ahram. Ils étaient incarcérés pour une semaine sur une décision du parquet dans un centre pour mineurs. Leur crime: avoir uriné sur des papiers contenant des versets du Coran.

D'après les premières informations, il semblerait que les deux enfants jouant dans les ordures aient uriné sur des feuilles de papier sur lesquelles étaient imprimées des versets du Coran. L'imam du quartier, Ibrahim Mohammed Ali, les a conduit au prêtre de leur paroisse en exigeant qu'ils soient punis, rapporte Al-Ahram. Celui-ci a refusé de les punir.

Car les deux enfants seraient analphabètes, rapporte le site égyptien Bikyamasr. «Mon fils ne sait ni lire ni écrire», a indiqué le père de Nabil Naji Rizk. L'imam est donc allé porter plainte au poste de police. Depuis les deux enfants clament leur innocence et attendent désormais en prison l'ouverture de l'enquête prévue le 7 octobre, détaille le quotidien égyptien Egypt Independent

C'est la première fois qu'une telle accusation est lancée contre des enfants en Égypte, où un enseignant copte a récemment été condamné à six ans de prison pour avoir porté atteinte au prophète Mahomet et au président Mohamed Morsi sur Facebook.

Beaucoup de chrétiens d'Égypte craignent que le film L'Innocence des musulmans, dont le producteur serait un copte installé aux États-Unis, ne fasse monter encore la pression sur leur communauté, qui représente de 6 à 10% des 82 millions d'habitants et s'estime déjà victime de discrimination et de violence.

L'ONG qui a alerté la presse sur cette affaire, l'Egyptian Initiative for Personnel Rights (EIPR), relève que l'imam à l'origine de la plainte fait partie de la mouvance salafiste.

«Ces incidents sont à la hausse et nous assistons à une augmentation des cas d'outrage à la religion devant les tribunaux; et malheureusement, dans la plupart des cas, les accusés écopent de peines de prison», a déclaré Adel Ramadan, de l'EIPR.

Il y a eu environ 20 cas ces derniers mois et seulement deux concernaient des musulmans, les autres mettant en accusation des chrétiens coptes, souligne le site français La Vie

Lu sur Al-Ahram, Egypt Independent, Bikyamasr, Daily News Egypt

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