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Algérie - Ces émirs du Golfe qui se battent pour un oiseau rare

Les rivalités entre le Qatar et les Emirats arabes unis se sont récemment illustrées en Algérie, durant un lâcher d’outardes à 500 kilomètres au sud-ouest d’Alger, a indiqué le quotidien algérien Liberté

Une cinquantaine d’outardes d’élevages ont ainsi été lâchées par des Emiratis.  Ces derniers veulent ainsi prouver aux Algériens qu’ils se distinguent complètement de leurs voisins qataris, qui, au contraire, sont de fervents adeptes de la chasse à cette espèce protégée. La réintroduction de ces oiseaux rares dans la province algérienne d’El Bayadh témougne de ce climat de rivalité entre les deux pays du Golfe.

Des dizaines de journalistes ont été mobilisés, des avions affrétés et des escortes de gendarmerie réquisitionnées pour couvrir cet évènement aux allures diplomatiques, téléguidé par la National Holding émiratie et son président Cheikh Jawaan Awaidha Al-Khaïli, membre de la famille royale.

«Cette opération des Émiratis se voulait une manière de se démarquer des autres émirs du Golfe, essentiellement les Qataris, qui viennent chasser régulièrement dans la région. Une manière aussi de montrer patte blanche à l’État algérien avec lequel de nombreux projets sont en cours. C’est qu’il y a de gros intérêts au bout» explique ainsi le quotidien algérien.

Au centre de ces intérêts, le projet Dounia Parc d’Alger et les 5,2 milliards de dollars d’investissements qu’il devrait rapporter à l’Algérie selon le quotidien Liberté. D’autres projets et contrats juteux ont toutefois servi de toile de fond à cette journée stratégique.

Un incident diplomatique s’est toutefois glissé dans cette entreprise politique, a rapporté le quotidien algérien:

«Après trois heures de route, une partie du cortège de véhicules s’est retrouvée perdue au milieu de nulle part. (…) Un des fourgons voulait emprunter une piste, mais les gendarmes de l’escorte se sont empressés de le lui interdire», a affirmé le quotidien.

Un des accompagnateurs interrogé par Liberté a alors expliqué au convoi qu’à une centaine de mètres de là se situait un camp de Qataris venus chasser précisément l’oiseau rare.

«Les Qataris sont là depuis plusieurs années et ils chassent les outardes et les gazelles» a-t-il confié au journaliste.

Malgré ce petit incident diplomatique, la National Holding émiratie a prévu de continuer de soutenir la politique de réintroduction de l’outarde dans les provinces algériennes, et a déjà planifié plusieurs lâchers de cette espèce protégée. Les dignitaires algériens ont pour leur part, feint de ne pas voir le problème, a rapporté Liberté.

Lu sur Liberté

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