SlateAfrique

mis à jour le

Egypte: Pourquoi les crimes des militaires sont impunis? (Chronologie interactive)

Alors que le président égyptien, Mohamed Morsi, fête les 100 premiers jours de son mandat, depuis son élection le 24 juin 2012, Amnesty
international
le rappelle à son devoir: celui de juger les violences et crimes
commis par le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la
démission de l’ex-chef de l'Etat, Hosni Moubarak, le 11 février 2011. Le 2 octobre, l'ONG Amnesty international a
publié deux rapports qui reviennent de manière exhaustive sur les pics de
violences qui ont marqué cette année de transition gérée par les
militaires.

L’organisation de défense des droits de l'homme dénonce dans ces rapports le
recours excessif à la violence, les mauvais traitements infligés aux manifestants,
tant par les militaires que les policiers. Seul l’habit et la couleur de la casquette
changent. La violence du coup de bâton est la même. Les rapports d'Amnesty International se penchent
principalement sur trois évènements:

Les manifestations de Maspero (l'immeuble de la télévision d'Etat) le 9 octobre 2011, durant
lesquelles des Egyptiens, majoritairement coptes, sont morts écrasés par les
chars de l’armée égyptienne. Pour la première fois, certains médias ont parlé d’«un massacre».

Le deuxième évènement qui a retenu l'attention, ce sont
les affrontements violents qui se sont déroulés devant le bureau du Premier ministre en décembre 2011. Selon Amnesty, «17 manifestants ont
perdu la vie»
. Les échanges de gaz et les tirs étaient d'une très grande violence, notamment aux abords
de la rue Mohammed Mahmud (près de la place Tahrir). Une rue où les grafitis issus de la révolution et des
mois qui suivent, témoignent de la lutte contre le régime militaire. Le troisième évènement est le sit-in organisé à Abbassia, toujours dans la ville du Caire, en
mai 2012. «L'armée a répondu
d’une manière excessive et meurtrières
contre des manifestants dans des circonstances où cela n’était pas
nécessaire. Dans certaines situations, les manifestants ont jeté des pierres et
des cocktails Molotov, mais la réponse de l’armée (…) était disproportionnée par
rapport à la menace et donc illégale»,
lit-on dans le rapport d’Amnesty.

Jusqu’à aujourd’hui leurs crimes demeurent impunis. La
répression violente contre les manifestants à coup de gaz lacrymogène et de
balles réelles n’ont fait l’objet d’aucune enquête.

 Le rapport rappelle aussi le cas d’Islam Moustafa Abou Bakr, un jeune Egyptien qui a osé défier le régime militaire. A l’âge de 19 ans, il a été
arrêté, torturé puis déféré devant les tribunaux militaires.

Amnesty International revient également sur
les multiples cas d’agressions dont ont été victimes les femmes activistes.
Certaines comme Samira Ibrahim ont dénoncé les tests de virginité que les
militaires leurs ont imposés.

Lu sur Amnesty International A lire aussiL'Egypte des militaires ( Chronologie interactive)Des manifestantes accusent l'armée d'agression sexuelleLes tests de viginité hors la loi