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Algérie: l'armée veut imposer "de force" sa transition, selon des associations

L'incarcération de Louisa Hanoune, cheffe d'un parti algérien trotskiste, dans une affaire de complot contre l'Etat montre que l'armée veut imposer "de force" son schéma de transition post-Bouteflika pourtant rejeté par la contestation, ont dénoncé vendredi deux associations à la pointe du mouvement.

Candidate aux trois dernières présidentielles en Algérie, Mme Hanoune a été placée en détention provisoire jeudi par un juge d'instruction militaire dans le cadre d'une enquête pour "complot contre l'armée" et "atteinte à l'autorité de l'Etat", selon le petit Parti des Travailleurs (PT) dont elle est la secrétaire générale.

Les chefs d'inculpation à son encontre n'ont pas été dévoilées.

"Un autre pas est franchi, une femme politique, cheffe d'un parti, est arrêtée après sa comparution en tant que témoin devant le tribunal militaire, ouvrant par-là la voie à tous les scénarios et toutes les dérives", s'inquiète la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) dans un communiqué.

Pour l'ONG, "le coup de force s'installe, en faveur d'une transition clanique, où de plus en plus, l'armée", qui en lâchant le président Abdelaziz Bouteflika, a rendu inéluctable sa démission le 2 avril après 20 ans de pouvoir, "apparaît être au centre de la man½uvre". 

"Cette affaire +de conspiration contre l'armée+ ne serait-elle pas un bon alibi pour faire taire toutes les voix discordantes" s'opposant au processus de transition que "veut imposer au peuple", le général Ahmed Gaid Salah, son chef d'état-major, se demande la LADDH.

Des millions d'Algériens continuent de manifester chaque vendredi pour réclamer le départ de l'ensemble du "système" au pouvoir, notamment le général Gaid Salah, qui fut un pilier du régime Bouteflika durant 15 ans.

La contestation l'a considéré comme un possible allié quand il a lâché M. Bouteflika, mais sa volonté acharnée d'imposer un processus de transition conforme à la Constitution, dont l'organisation d'une présidentielle le 4 juillet, suscitent désormais la colère et les soupçons.

Pour le président du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), une association citoyenne, la détention de Mme Hanoune montre "la volonté du pouvoir réel incarné par le chef d'état-major de faire passer de force son agenda consistant à maintenir le système en organisant les élections du 4 juillet".

Le pouvoir "veut étouffer le mouvement et faire peur (...) à toutes celles et ceux qui ne s'inscrivent pas dans sa feuille de route qui a pour objectif d'assurer une transition clanique", ajoute le président du RAJ Abdelouhab Fersaoui sur son compte Facebook, dénonçant "la nature autoritaire du régime".

Il a également appelé à "l'indépendance de la Justice".

AFP

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