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Afrique du Sud - Jacob Zuma veut retaper sa villa aux frais de l'Etat

C’est un pavé dans la mare qu’a jeté le quotidien sud-africain City Press, le 1er octobre. Un pavé qui éclabousse encore Jacob Zuma, le président de l’Afrique du Sud.

Et pour cause, City Press a révélé que le président prévoit de dépenser 18 millions d’euros d’argent public pour faire rénover sa résidence rurale privée. Située à Nkandla, à l’est de l’Afrique du Sud, c’est là-bas que vivent ses quatre épouses et ses enfants.

La rénovation de la résidence privée, entamée en 2010, devrait inclure la construction d’un héliport, d’une clinique pour le président et sa famille, dix maisons pour le service de sécurité, un parking souterrain, des aires de jeu et un centre pour visiteurs.

Le président avait initialement annoncé qu’il paierait de sa poche la facture, mais selon des documents du département des Travaux publics, publié par le journal City Press, le chef de l'Etat sud-africain n’aurait à payer que 5% des travaux.

«Cet argent devrait être utilisé pour aider à développer les communes avoisinantes, où les gens ont désespérément besoin de travail, de nouvelles infrastructures et services. Cette région a un besoin urgent d’hôpitaux, de cliniques et d’écoles décentes», s’est énervée Lindiwe Mazibuko, figure de proue du parti d’opposition Alliance démocratique, dans City Press. 

Elle a également dénoncé «l’enrichissement personnel» du président, dans le site britannique The Telegraph

Le département des Travaux publics ne confirme pas les chiffres avancés, mais a ouvert une enquête sur la manière dont City Press a obtenu ces documents qualifiés de «top secret».

S'ajoute le fait que chacune des épouse de Jacob Zuma disposera de sa propre hutte (habitat traditionnel de type zoulou), équipée et reliée à une maison centrale par des couloirs souterrains, selon le site sud-africain Mail & Guardian, rapporte BBC Afrique.

L’Etat sud-africain entretient déjà les résidences d’Etat utilisées par le président dans la capitale, Pretoria, et à Cape Town, souligne le site américain International Business Times.

Ces révélations pourraient donc accroître la pression sur Jacob Zuma, déjà critiqué pour la crise sociale dans le secteur minier, le massacre de Marikana, et les incertitudes qui planent sur l’économie sud-africaine.

C'est un sacré coup pour lui. Il brigue un second mandat à la tête du Congrès national africain (ANC) et pourrait voir s'envoler ses chances d’être réélu en décembre prochain

Lu sur City Press, The Telegraph et BBC Afrique

 

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