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Pourquoi Alger négocie avec les islamistes du Nord-Mali

L’Algérie compte bien jouer un rôle dans la résolution de la crise malienne. Comment? Car on sait qu’Alger refuse d’intervenir militairement au Sahel.

«Jeter quelque 3.000 hommes dans un théâtre d'opérations de plus de 8.000 kilomètres carrés serait insignifiant», a récemment déclaré un haut gradé algérien.

«À en croire une source proche des négociations, c'est en recevant en secret une nouvelle délégation d'Ansar Dine qu'Alger essaie de trouver au plus vite une issue politique à la crise au ­Sahel», rapporte le quotidien français Le Figaro.

Ce n’est pas la première fois que l’Algérie est en contact avec les islamistes qui détiennent par ailleurs des diplomates algériens enlevés à Gao le 5 avril dernier. L’un d’entre-eux aurait même été tué par ses ravisseurs.

Mais pour Alger, l’objectif est bien de se rapprocher d’une partie des islamistes qui contrôlent le Nord-Mali, mais qui prend ses distances par rapport à  al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Les franges les plus souples de ce groupe appellent à l’instauration de la charia et sont constituées majoritairement d’anciens du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

«Voilà pourquoi cette délégation était menée par Tena Ould Ahmed (le père spirituel d'Iyad ag Ghali, chef d'Ansar Dine), tenant de l'aile dure, et Amada ag Bibi, plus modéré», explique un proche du mouvement.

Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, qui a demandé aux Occidentaux l'envoi d'avions et forces spéciales dans le nord du pays, déplore et fustige ces pourparlers entre Alger et Ansar Dine:

«Nous ne reconnaissons pas ce type de rencontre informelle. Le Mali compte exclusivement sur une résolution des Nations unies pour envoyer les 3.300 hommes de la Cédéao qui se tiennent prêts. L'Algérie cherche à protéger ses hommes, quitte à sacrifier la population malienne. Elle ne doit pas se sentir obligée de s'impliquer dans une opération militaire, le Mali ne lui demande rien.»

Le Figaro rappelle à cette occasion les relations étroites entre Alger et Washington. Les deux pays ne semblent pas prêt à une intervention militaire.

Le général Carter F. Ham, haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom) affirmait le  30 septembre à Alger que «la situation dans le nord du Mali ne peut être réglée que de manière diplomatique ou politique».

Lu sur Le Figaro

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