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Somalie - Les islamistes shebab perdent un bastion face à l'armée

«J'ai vu des centaines de soldats gouvernementaux marchant vers le poste de police de Kismayo» a confié Abdulali Farah Moalim au Los Angeles Times.

Cet habitant de Kismayo, dans le sud de la Somalie, a assisté le 1er octobre à l’offensive menée conjointement par l’armée gouvernementale et des troupes kenyanes, présentes en Somalie dans le cadre de la force d’intervention de l’Union Africaine.

Le but de cette offensive? Déloger les miliciens islamistes d' Al Shebab, repliés à Kismayo depuis leur éviction définitive de la capitale Mogadiscio en août 2011.

«Les soldats du gouvernement somalien sont partout à Kismayo» a déclaré Mohamed Dahir Farah, porte-parole de l’armée somalienne à Kismayo.

«Nos soldats ont pris position au siège de la police, dans le complexe administratif et dans une usine à viande. Nous allons assurer la sécurité de notre peuple contre les éléments terroristes qui tentent d'occuper de force notre territoire» a-t-il continué.

L’armée kenyane, aussi présente dans la ville, espère pour sa part que la prise de Kismayo sécurisera le sud du pays et l’ensemble de la région, notamment contre le piratage qui touche la Corne de l’Afrique.

Si la prise de la ville constitue à l’évidence une étape majeure de la reconquête territoriale de la Somalie, les islamistes shebab pourraient tout de même profiter de la situation pour semer la confusion en multipliant les attentats suicides et les attaques ciblées. Kismayo pourrait être prise à nouveau pour cible.

«Quand les shebab ont abandonné la ville, les milices claniques armées ont commencé à patrouiller dans la ville, ce qui a augmenté le sentiment d’insécurité» explique Abdulali Farah Moalim, l’habitant interrogé par le LA Times.

En effet, une habitante a confirmé cette idée au Nouvel Observateur: «on n'est pas contre le gouvernement, mais Kismayo ne doit pas devenir comme Mogadiscio» a ainsi expliqué Faiza Mohamed. La capitale somalienne avait ainsi été le théâtre de combats quartier par quartier, opposant les shebabs aux soldats gouvenementaux durant plusieurs années.

Lu sur Los Angeles Times, Nouvel Observateur

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