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Maroc - Opération avortement en eaux internationales

Le «bateau de l’avortement» (abortusboot) de l’organisation néerlandaise «Women on Waves», se rendra pour la première fois dans un pays musulman. Et pas n’importe lequel. Au Maroc, rapporte le site sud-africain Times Live

L’objectif: accueillir des femmes marocaines désireuses d’avorter. Et sur le bateau, les Marocaines souhaitant mettre fin à leur grossesse, pourront le faire sans enfreindre la loi marocaine, puisqu’une fois dans les eaux internationales, tout ce qui se fait à bord tombe sous coup de la loi néerlandaise, rappelle le site marocain Bladi

Si l'ONG néerlandaise a déjà mené de telles actions en Europe, sa démarche est inédite s'agissant d'un pays musulman qui a en outre élu, fin 2011 et pour la première fois, un gouvernement à majorité islamiste.

«Nous sommes en route. Nous ne savons pas à quel moment nous allons arriver mais espérons être au large du Maroc la semaine prochaine», a déclaré Rebecca Gomperts, la fondatrice de l’organisation Women on Waves, sur le site américain The Daily Beast.

L'organisation compte communiquer le 3 octobre sur le lieu et le jour d'arrivée du bateau. «Nous espérons qu'il pourra rester jusqu'à une semaine», a souligné Rebecca Gomperts.

C’est à l’initiative du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles(MALI), militant pour la légalisation de l’avortement au Maroc, que le bateau Women on Waves a mis le cap vers le royaume chérifien.

Car au Maroc, L'avortement est illégal et tabou. Et si entre 600 à 800 femmes se font avorter quotidiennement au Maroc par des docteurs, selon l’Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin, 200 Marocaines avortent clandestinement chaque jour dans des conditions précaires. 

Tandis que les femmes riches peuvent se permettre l'accès à un avortement sans danger, les femmes avec un statut socio-économique faible doivent souvent chercher recours à des méthodes dangereuses qui peuvent déboucher sur la morbidité et la mort, souligne Bladi. Et selon Rebecca Gomperts, c’est environ 78 Marocaines qui meurent chaque année.

«Je comprends que cette opération puisse être perçue comme une provocation pour certains groupes religieux. Mais il s’agit de la santé des femmes. Et ça n’a rien à voir avec la religion», tranche Rebecca Gomperts. 

Lu sur Times Lives, The Daily BeastBladi

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