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Les moustiques vecteurs du paludisme contre-attaquent

Plus rien ne les arrête. Les moustiques vecteurs du paludisme, les anophèles, se sont adaptés aux insecticides censés les tuer, explique le site Futura-Sciences.

En effet, quand les uns développent des résistances, les autres modifient leur comportement. Ils trouvent donc toujours un moyen de déjouer les tentatives des humains pour se protéger de la propagation de la maladie.

D’ailleurs, une étude menée au Bénin par une équipe de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), dont les résultats ont été publiés le 18 septembre dernier, vient encore de le confirmer. Un essai clinique mené dans une trentaine de villages béninois montre que la combinaison de moustiquaires imprégnées d'insecticides avec des pulvérisations intra domiciliaires d’un autre insecticide n’a pas permis, après 18 mois, de faire reculer la maladie. 

S'ajoute que la résistance aux insecticides pour ces bestioles est en très forte augmentation. Et ils évitent à présent les insecticides. Comment? En piquant les gens dès les premières heures du jour.

Habitué à sévir dans les maisons, ces moustiques piquent désormais plus fréquemment à l’extérieur des habitations. En outre, au lieu de s’en prendre à ses victimes à la tombée de la nuit (heure habituelle de la chasse) ou en pleine nuit durant leur sommeil, ils attendent désormais que les habitants sortent de chez eux.

«Le dogme des vecteurs du paludisme exclusivement nocturnes est donc à revisiter, surtout lorsque le moustique est exposé à une forte pression d’insecticides», affirme l’IRD.

Ces résultats soulignent «le besoin de développer des outils de deuxième génération, permettant de prévenir la transmission du paludisme, à l’extérieur des habitations ».

Cette résistance signe un nouvel échec des tentatives visant à enrayer la propagation d’un des parasites les plus dangereux au  monde. Avec toujours 200 millions de cas chaque année et plus de 700.000 décès dans le monde, dont 80% en Afrique, le paludisme reste un problème de santé publique majeur.

Et la grande faculté d’adaptation de ces moustiques n’est pas prête d’arranger les choses.

Lu sur Futura Sciences, IRD

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