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Pourquoi l'or du Mali ne brille plus

Les bijouteries de la capitale malienne ne font plus recette depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 et la partition du pays, a observé le quotidien L’Essor.

Le quartier de Bamako-Coura, dans le centre de la capitale, est pourtant réputé pour ses nombreuses bijouteries artisanales (187 au total). Aujourd’hui désertées, elles subissent de plein fouet les conséquences de la crise politique malienne.

«Notre clientèle est essentiellement composée de femmes et de touristes. De rares hommes venaient de temps en temps juste pour faire des cadeaux à leurs femmes ou dulcinées. La situation actuelle de notre pays ne rassure guère les nationaux, encore moins les touristes» explique Zoumana Diabaté, propriétaire de la bijouterie Benkan.

Si les touristes manquent effectivement à l’appel, les conséquences de la crise sont multiples. Depuis la division du pays et l’occupation du nord par des mouvements djihadistes, le prix de l’or n’a pas cessé de croître.

«L’or malien est aujourd’hui le plus cher de la sous-région. Alors que nous sommes tout de même le plus gros (sic) producteur d’or d’Afrique de l’Ouest» s’indigne Bass Seck, propriétaire de la bijouterie Bass.

Le prix du gramme d’or varie effectivement aujourd’hui entre 21.000 francs CFA et 28.000 francs CFA , soit 32 et 42 euros, selon sa qualité, quand il atteignait 15.000 à 17.000 francs CFA, soit 23 et 26 euros, il y a quelques mois.

«De quoi donner le vertige, non?» continue Bass Seck, qui assiste impuissant à l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché des bijoux.

Un commerce informel a en effet vu le jour récemment, selon les dires du bijoutier:

«Ce sont ces importatrices de Dubaï qui ont tué le marché de la bijouterie au Mali. Ces femmes qui voyagent par centaines peuvent importer chacune 1 kilogramme de bijoux en or, sans payer ni frais de douane, ni taxes».

Par ailleurs, un autre type concurrence commence à s’imposer dans la capitale.

«Nous, nous créons nos modèles ici, certaines commerçantes font reproduire ces mêmes modèles en Chine ou en Inde avec je ne sais quel alliage. Et reviennent vendre cela ici à des prix inimaginables», conclut le bijoutier.

Lu sur L'Essor

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