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L'Algérie, un pays désormais importateur d'or noir

Quel avenir pour le pétrole algérien? Ce n’est pas le gouvernement algérien qui pourra répondre à cette interrogation. Alors qu’il est de plus en plus difficile de cacher l’épuisement des réserves, le ministre de l’Energie algérien ne semble pas prêt à apporter de stratégies d’avenir claires.

Selon Le Matin DZ, l'Algérie doit importer 42 millions de tonnes par an de pétrole brut au prix coté à la bourse afin de subvenir à ses besoins internes en carburant. 

«L’Algérie ne donne aucune impression de s’occuper de son avenir énergétique. L’absence d’un plan sérieux pour l’après-pétrole, par l’appel de sources alternatives qui remplaceront le pétrole et le gaz appelés à disparaître dans moins d’une décennie», rapporte le Matin DZ.

Le retard dans le renouvellement des réserves de pétrole devrait au contraire inquiéter le pouvoir algérien, dont la manne pétrolière est centrale dans la gestion du pays.

Yousef Yousfi, ministre de l’Energie n’a pas véritablement de stratégie mais bien des projets à court terme pour satisfaire la demande intérieure. L’une des voies envisagées par le ministre est la production d’électricité grâce aux gaz, notamment via la construction de nouvelles centrales thermiques.

«Pour faire tourner ces centrales, il faut au moins, selon les estimations, 22 milliards de m3 de gaz, soit presque la moitié de nos exportations (52 milliards de m3 en 2011), ce qui représente un manque à gagner de près d’une douzaine de milliards de dollars», précise le site le Matin DZ.

Le recours aux gaz non conventionnels n’est pas exclu, mais cela présenterait de nombreux inconvénients comme la dépendance technologique envers l’extérieur ou le «risque de plomber les cours des gaz conventionnels déjà en déprime».

Se pose également le maintien des subventions à la consommation d’énergie de la part de l’Etat. L’Algérie a consacré 10,59 milliards de dollars en 2010 à la subvention de la consommation de l’énergie, selon une étude de l’ONU. Mais le gouvernement algérien serait-il prêt à revoir cette subvention à la baisse?

«Un risque que notre gouvernement ne pourra prendre, en ces temps de grandes révoltes et au détriment de sa politique de maintien d’une politique sociale à grand flot d’argent», conclut le Matin DZ.

Lu sur Le Matin DZ

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