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Maroc - La police, bourreau des migrants subsahariens

«Nous savons que les policiers marocains traitent durement les migrants subsahariens.»

Tel est l'aveu un agent de la Guardia civil de Melilla en Espagne qui tire la sonnette d’alarme sur une situation dramatique dont il est témoin. Ce gendarme espagnol accuse des policiers marocains d'exactions à l’encontre des migrants.

«Nous permettons que les individus les plus vulnérables que nous interceptons sur la clôture de la frontière, mineurs, malades et femmes, soient admis dans le centre de rétention des immigrés de Melilla. Les autres restent avec la police marocaine», a-t-il souligné au quotidien espagnol 20 minutos.

Pour ceux qui restent, débute l’enfer. La police marocaine «maltraite systématiquement» les migrants subsahariens, avertit José Palazon, président de l’ONG espagnole Prodein.  

Et d’ajouter:

«Ils ne sont pas traités comme des humains, mais comme des marchandises (…). Les groupes de sans-papiers qui restent au Maroc vivent terrorisés, cachés et subsistent grâce à la mendicité, la fouille dans les poubelles et la chasse d’animaux», détaille José Palazon.

L’organisation Médecins sans Frontière (MSF) installée à Nador et Oujda, deux villes marocaines importantes avant de franchir la frontière espagnole, ont pu constater l’ampleur du phénomène. En mai dernier, le pourcentage de consultations médicales des migrants pour agressions était de 15% avant d’atteindre les 34% en juillet. Le plus souvent, il s’agissait de fractures du crâne et des membres supérieurs et inférieurs cassés. 

Le quotidien espagnol El Pais a également attesté de ces actes de violences dont sont victimes les migrants subasahariens. Nombre d'entre eux se réfugient dans les bois. Là, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles et éviter les coups de la police, rapporte El Pais. Sur 20 personnes que MSF a transporté à l'hôpital, trois ont du subir des interventions chirurgicales, toujours selon El Pais. 

De son côté, le gouvernement marocain ne réagit toujours pas, rapporte le site marocain Yabiladi. Avant l’été 2012, on comptait plus de 3.000 immigrés au Maroc en provenance du Mali, de la Somalie, de Guinée du Cameroun et de Côte d'Ivoire. Entre 300 et 800 parmi eux attendent leur tour dans le fol espoir d’atteindre les côtes espagnoles.

Lu sur 20 minutos, Yabiladi

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