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RDC - Mieux vaut être accroc à la bière qu'à l'eau

Pour les habitants de la ville Mbuji-Mayi, située au centre de la République démocratique du Congo, mieux vaut être porté sur la bière que l’eau.

Et pour cause, dans ce chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, se réhydrater en bière est nettement plus économique que se ravitailler en eau.

Une bouteille d’un litre et demi d’eau potable coûte 3.500 Fc (3€), plus cher que deux bières de 73 cl à 1.500 Fc l’une (1,35€), rapporte l’agence Syfia Grands Lacs.

Si les adeptes de la boisson alcoolisée se frottent les mains, non sans risque pour leur santé, pour les autres, c’est la grise mine assurée. 

«Je suis très déçu de voir que le Kasaï-Oriental, pourtant entouré de cours d’eau parfois potable, est la seule province où l’eau coûte si cher», regrette un habitant de la ville.

Cette situation est devenue dramatique pour une grande partie de la population. Seules les familles aisées peuvent se procurer facilement ces bouteilles d’eau.

Pour tous les autres, étancher sa soif est devenu un véritable chemin de croix. Et un casse-tête sans nom. 

Si le robinet ne donne rien, les habitants doivent effectuer de trois à cinq kilomètres pour acheter de l’eau aux stations de vente publiques et qui n'est pas toujours potable. Là-bas, le prix oscille entre 200 et 500 Fc pour 20L d’eau.

L’eau représente une denrée rare. Plusieurs communes ne sont plus desservies par le réseau public depuis 2010.

La Regideso, entreprise publique qui a le monopole de la distribution d’eau dans la ville, ne dessert que 16% des habitations du fait de la vétusté du réseau et du manque d’électricité.

Mais quand bien même tous les robinets de la ville seraient fonctionnels, la production serait insuffisante pour fournir la quantité d’eau nécessaire à chacun estimée à 20 litres/pers/j.

S’ajoute le fait que la production locale est onéreuse. L’eau la plus chère est celle qui est mise en bouteilles localement.

«Nous nous heurtons à plusieurs difficultés. Le courant est plus cher qu’ailleurs, nous importons les emballages et les taxes et impôts sont très élevés», raconte un agent de la société de fabrication d’eau locale Safi.

L'eau est ainsi paradoxalement la boisson la plus chère.

Lu sur Syfia Grands Lacs

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