SlateAfrique

mis à jour le

La France est la première cible d'al-Qaida au Maghreb islamique

La France, principal ennemi d’Aqmi. Une évidence pour la diplomatie française qui enregistre des menaces de plus en plus fortes de la part des groupes djihadistes qui contrôlent le Nord-Mali, al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité du djihad en Afrique de l'Ouest.

«La menace est devenue pressante, immédiate et multiforme», commente un diplomate français. Elle s'est même, au fil des ans, transformée en «un problème de sécurité nationale», rapporte le quotidien français Le Figaro.

Après le bourbier afghan, la France craint d’être confrontée au «Malistan». Tous les ingrédients sont présents. La France compte 6 ressortissants pris en otages par les groupes djihadistes. Récemment, les ravisseurs ont même réitéré leurs menaces sur les otages français.

A ces otages s’ajoute le risque d’attentats sur le territoire national français. Le Figaro relaie l’existence de djihadistes européens attirés par la guerre qui se joue au Sahel.

«C'est une nouvelle filière: depuis quelques mois, des islamistes quittent la France ou d'autres pays européens pour rejoindre le nord du Mali, une région où est appliquée la charia, pour défendre la terre d'islam», précise un enquêteur français.

Le fait que ces djihadistes puissent ensuite revenir en France inquiète les autorités françaises qui n'ont pas su prévenir les actions de Mohammed Merah, le djihadiste auteur de tueries en mars 2012 à Montauban et Toulouse.

«Le but est de ne pas les laisser trop longtemps dans la nature, pour éviter une nouvelle affaire Merah. Mais il est très difficile de leur mettre la main dessus car ils jouent de la porosité des frontières dans la région et reviennent souvent par le Sénégal», un pays stable et touristique, lit-on sur le Figaro.

Ces données permettent de comprendre que la France soit à l’avant-garde de la future opération militaire, dont la majorité des troupes seront issues de la Cédéao, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Toutefois, Paris précise qu’elle ne s’engagera pas sur le plan militaire. Seule une aide logistique est envisagée par le Quai d’Orsay.

«Nous voulons seulement avoir un rôle de facilitateur. Pas question d'envoyer des troupes au sol», explique un diplomate français.

Parallèlement, la France aurait déjà des forces spéciales dans la région, selon le Figaro qui note l’impatience de Paris à régler la crise au Sahel.

Quid d’une participation de l’Algérie? Les autorités françaises ne comptent plus dessus, tant Alger semble attaché à l’intégrité de ses frontières. Certains diplomates en viennent même à suspecter l’Algérie de jouer un double jeu et d’entretenir des liens avec des katibas d’Aqmi.

«Il y a un côté trouble dans l'attitude d'Alger», déplore un diplomate français.

Lu sur Le Figaro

A lire aussi

Mauritanie: Aqmi, une menace directe pour la France

Aqmi et ses rançons à 100 millions d'euros

Les héritiers africains de Ben Laden

Aqmi: pourquoi l'Algérie reste incontournable (2/3)