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Mali - Une intervention militaire ouest-africaine en toute discrétion

Le Président malien par intérim Dioncounda Traoré peut afficher sa satisfaction: après plusieurs mois d’incertitudes et de négociations, une intervention militaire au nord du Mali aura bien lieu. La Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et le Mali sont en effet parvenus le 23 septembre à un accord sur les conditions de déploiement d’une force militaire censée libérer le Nord-Mali de l'emprise des islamistes.

La constitution de cette force se déroulera dans le cadre d’une Mission de la Cédéao au Mali (Micema), et respectera un certain nombre de conditions voulues par les autorités maliennes. Sous la pression de l’ex-junte militaire, ces dernières avaient en effet réaffirmé à plusieurs reprises leur refus de voir une présence étrangère prendre part au conflit.

Le ministre ivoirien de la Défense Paul Koffi Koffi a expliqué que «quand on parle de troupes, ce sont des troupes de la Cédéao, et non étrangères. Et là, le Mali est d'accord».

Aboudou Touré Cheaka, le représentant spécial au Mali du président ivoirien et président de la Cédéao Alassane Ouattara, a quant à lui confirmé à Jeune Afrique que la discrétion de la Micema serait primordiale, du moins autour de Bamako.

Aux abords de la capitale malienne, seul un Quartier Général composé d’une «unité mixte de police et de gendarmerie comptant entre 128 et 135 personnes, au maximum» est ainsi envisagé pour le moment.  

«Il faudrait que cela se fasse avec un minimum de discrétion pour garantir l'efficacité indispensable à la conduite des opérations» avait souligné le jour de l’accord le ministre malien de la Défense, Yamoussa Camara.

Le déploiement à terme de 3.300 soldats voulu par la Cédéao se fera en outre de concert avec l’armée malienne. Le texte issu de l’accord du 23 septembre parle ainsi d’une «synergie permanente» entre la communauté ouest-africaine et les autorités maliennes. Et Radio France Internationale de préciser que «l'intervention des forces ouest-africaines se fera donc en étroite coopération avec les autorités maliennes: les modalités pratiques de ce déploiements seront d'ailleurs scrupuleusement détaillées dans un mémorandum d’entente».

Lu sur Jeune Afrique, RFI

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