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Libye - La chasse aux milices armées est ouverte

 Le couperet est tombé pour les milices libyennes.

«Nous allons dissoudre toutes les milices et groupes armés qui ne relèvent pas de l’autorité de l’Etat»,  a déclaré Mohamed al-Megaryef, président par intérim du Congrès général national libyen, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

Cette décision fait suite aux rixes meurtrières du 22 septembre qui ont opposé, des manifestants à des miliciens à Benghazi, la seconde ville du pays.

Tripoli a aussitôt donné un ultimatum de 48 heures aux groupes armés illégitimes pour quitter les bâtiments publics et les propriétés des membres du régime déchu.

En effet, ces milices dérangent de plus en plus la population civile. Celle-ci a d’ailleurs manifesté pacifiquement contre leurs présences jugées gênantes, le 21 septembre.

La politique de désarmement du gouvernement s’annonce pourtant difficile. Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, plusieurs milices armées prolifèrent dans le pays. Si certaines sont placées sous la bannière des autorités, d’autres échappent à tout contrôle et sont accusées d’abus.

D'ailleurs une brigade libyenne anti-milices, la Force nationale mobile, déployée à Tripoli, a délogé une milice qui s'était appropriée de luxueuses villas abandonnées par des membres de l'ancien régime.

Si les uns sont poussés à la sortie, d'autres partent de leur plein gré. C'est le cas de la puissante brigade armée d’Abu Slim, localisée dans l’est du pays. Elle a déjà annoncé son retrait des bâtiments qu’elle occupe dans la ville de Derna et qui lui servent de bases.

Même son de cloche pour le groupe salafiste d’Ansar al-Sharia, qui avait démenti toute implication dans l’attaque du consulat américain le 11 septembre dernier. Tous ces groupes ont quitté les lieux, mais ont bien pris soin de garder leurs armes, souligne le site britannique BBC.

Lu sur BBC, The Guardian

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