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Pourquoi la Côte d’Ivoire ferme toutes ses frontières avec le Ghana

En Côte d’Ivoire, le régime du président Alassane Ouattara peine manifestement à réaliser la réconciliation nationale souhaitée. Tant la longue crise ivoirienne suivie de la guerre postélectorale a laissé de graves séquelles dans la société ivoirienne qui mettront du temps à cicatriser. En témoignent les attaques armées tous azimuts contre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Après celles qui ont fait plusieurs morts à Abidjan, c’est l’attaque de la ville frontière de Noé qui est la dernière en date.

Abidjan.net indique que: «Au cours des échanges de tirs, 4 assaillants tombent sur le champ de bataille et 5 autres seront pris après un ratissage à travers toute la ville. La population était sous le choc. Boutiques, magasins et postes de douane sont longtemps restés fermés. Les frontières terrestres, aériennes et maritimes, avec le Ghana ont également été fermées, sur décision du président de la République. Tout véhicule empruntant la route de Noé est refoulé à partir du poste de contrôle des Frci de Mouyassué. Plusieurs forces militaires convergaient vers Noé où des renforts ont été aperçus du côté d’Aboisso. De Mafféré à Aboisso, c’est la vigilance totale».

Sous le règne du président défunt, John Atta Mills, les autorités ivoiriennes avaient tenté d’obtenir l’arrestation et l’extradition des anciens partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo. Mais en vain. En effet, elles soupçonnent les inconditionnels de l’ex-président arrêté et transféré à la Cour pénale internationale (Cpi) de la Haye de perpétrer leurs attaques à partir du Ghana voisin. Le nouveau président ghanéen, John Dramani Nahama, semble apparemment mieux collaborer avec les autorités ivoiriennes que son prédécesseur. Il n’empêche que le gouvernement d’Alassane Ouattara trouve que ce n’est pas assez. La fermeture des frontières non seulement terrestres, mais aussi maritimes et aériennes est une manière bien diplomatique de souligner cet agacement.

Radio France internationale (Rfi) indique que: «Selon l'un des responsables des militaires du secteur, la garnison de Noé était aux aguets depuis qu’une saisie d’armes à Cape Coast au Ghana a eu lieu. Mais elle ne savait pas le jour où cette attaque allait avoir lieu et les soldats ont été surpris par la durée de ces échanges de tirs - près de 10 heures - même si parfois, il s'agissait de coups de feu sporadiques.  Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire ne peuvent pas encore indiquer si les assaillants étaient arrivés du Ghana quelques heures plutôt ou s’ils étaient infiltrés depuis quelques jours».

Au-delà de la maîtrise de la sécurité à l’intérieur et aux frontières de la Côte d’Ivoire, les attaques de groupes armés contre les Frci posent les lancinants problèmes de la gestion du pouvoir par Alassane Ouattara et de sa capacité à réconcilier les Ivoiriens.

Lu sur Abidjan.net

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