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Eric Gerets, l'entraîneur des lions de l'Atlas, le 26 janvier 2012, à Libreville. REUTERS/Thomas Mukoya
Eric Gerets, l'entraîneur des lions de l'Atlas, le 26 janvier 2012, à Libreville. REUTERS/Thomas Mukoya

Tribune: Gerets ou le drame du football marocain

Eric Gerets a été limogé de son poste d'entraîneur de l'équipe marocaine de football le 15 septembre. Pour le journaliste marocain Mohammed Mraizika, le Belge paye ainsi son incapacité à qualifier les Lions de l'Atlas pour la CAN 2013.

Mise à jour du 5 octobre 2012: Le nouvel entraîneur de la sélection marocaine Rachid Taoussi, qui avait remplacé le Belge Eric Gerets, a annoncé qu'il était au courant de sa nomination deux mois avant le limogeage de son prédecesseur. De vives réactions au Maroc demandent des explications à la Fédération Royale Marocaine de Football, qui n'avait jamais fait état de cette situation jusqu'ici.

M. Taoussi, qui a notamment connu le succès en tant qu'entraîneur du Moghreb de Fès, aura pour première mission de qualifier les Lions de l'Atlas pour la CAN-2013 en Afrique du Sud. La tâche s'annonce ardue puisque le Maroc devra s'imposer par trois buts d'écart, le 13 octobre à Marrakech, face au Mozambique, en raison de leur défaite 2-0 en match aller à Maputo.

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Quand Eric Gerets, surnommé le Lion de Rekem rencontre les lions de l’Atlas marocains, que se passe-t-il sous le ciel du football national? La défaite, l’humiliation et la descente aux enfers (Avec seulement 68 points sur 478 au classement mondial FIFA).

Ce dimanche, 9 septembre, ils étaient cinq jeunes de 17-18 ans, amis d'enfance, à s'être donné rendez-vous pour suivre le match Mozambique-Maroc; match du 3e et dernier tour des éliminatoires de la CAN 2013.

Solidement installés dans leur double nationalité franco-marocaine, ces jeunes, qui ont réussi brillamment leur parcours scolaire, décroché leur baccalauréat, pour la plupart avec mention, et se préparent à entamer leur première année de fac, soutiennent avec ferveur dans d’autres circonstances le Barça, le Real, le PSG ou Marseille.

Mais, quand l’équipe nationale joue, le consensus est de mise et cette fierté indéfectible d’être Marocain, avant tout et au-delà de tout, annihile tout contentieux footeux et partisan. C’est aussi cela la jeunesse morocaine résidant à l'étranger (MRE).

A fur et à mesure que ce match calamiteux avance dans le temps, l’inquiétude monte, le commentaire devient acerbe et finit par se transformer en colère.

Lors de cette prestation affligeante de l’équipe nationale, tous les fondamentaux du foot (choix tactique, vision de jeu, coaching, engagement, beau jeu, jeu collectif) ont semblé absents, hasardeux et décalés.

«Gerets doit partir»

La question la plus sensée, celle qui taraude depuis des mois les esprits de tous les amateurs du bon foot, finit par éclater:

«Mais pourquoi gardent-ils encore ce naze?»

Comme pour remuer le couteau dans la plaie, une deuxième interrogation plus tranchante tombe:

«Ils sont vraiment nuls!»

«Ils», ce sont ces joueurs grassement payés, et choyés comme des gamins capricieux, mais qui ne font que peu de cas du respect du maillot national et du public marocain.

A la tête de la sélection marocaine depuis juillet 2010, le lion de Rekem a cessé de rugir. Sur les terres de l’OM, il a certes pu redorer son blason et gagner quelques galons.

Mais, n’est pas OM qui veut et sélectionneur d’une équipe nationale africaine, qui veut. 

Accueilli comme un «sauveur», un faiseur de miracles, et la promesse d’un avenir radieux du foot national, il n’a fait que «camoufler» les lacunes et les travers d’une équipe nationale peu inspirée, peu motivée, pour finalement la conduire d’échec en échec et de polémique en polémique (gros sous et contrat mirobolant)

Aujourd’hui, l’équipe nationale est à la veille d’un match retour décisif à Rabat (13 octobre). Pour se qualifier, elle devra impérativement l’emporter avec un score de 3-0.

Gerets, limogé, quitte le Maroc sans gloire ni galons. Mais tous ceux qui l’ont cautionné, soutenu, payé rubis sur ongle, ne peuvent moralement lui survivre.

De leur décision —ou non décision— et de leur atermoiement, ils doivent tirer les conséquences. Ils ne peuvent se dérober à leur responsabilité, car elle est  entière et incontestable dans cet échec cuisant.

Trouver les compétences là où il faut

Qu’ils comprennent une fois pour toute, qu’il s'agit de l’équipe nationale et non pas d’un club privé ou d’une «entreprise familiale».

Qu’ils comprennent que les amoureux de la balle ronde et du maillot national ont bu la tasse jusqu’à la lie et qu’ils n’accepteront plus de voir ce maillot humilié et l’hymne national absent des grandes rencontres sportives mondiales.

Que tous ces pseudo-connaisseurs, commentateurs, footeux du dimanche, qui nous ont vendu et imposé Gerets, qui vantaient ses gloires passées, comme entraîneur de Marseille, arrière-droit international belge, ou ancien défenseur du Standard de Liège et du PSV Eindhoven, restent sagement dans leur coin à l’occasion du choix du futur sélectionneur national, nul besoin de leur «savoir-footballistique»

L’épisode qui va s'ouvrir est, en effet, déterminant pour l’avenir de l’équipe nationale.

Tous les noms qui circulent pour le poste de sélectionneur, Badou Zaki, Aziz EL-Ameri et M.Fakhir, sont respectables.

Il y a dans chacun d’entre eux suffisamment d’expérience, de sérieux et, surtout, de respect pour le maillot national, pour mener la nécessaire relance d’une équipe nationale frileuse dont les joueurs portent de plus en plus mal le qualificatif de lion de l’Atlas.

Choisissons l’un d’entre eux avec objectivité et honnêteté et laissons le travailler dans le calme et la sérénité. Il en va de l’avenir du foot national, de l’image sportive et de  l’honneur du pays.

Mohammed Mraizika

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Mohammed Mraizika

Chercheur en sciences sociales et en ingénierie culturelle. Ancien directeur du mensuel Le Maroc.

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