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Les dessous de l'arrestation de l'ancien patron d'Elf

Les arnaqueurs VIP à la nigériane ont fait des émules un peu partout en Afrique. Mais personne ne pouvait songer que leur stratagème avait conquis les plus hautes sphères de certains Etats en Afrique.

L’ex-patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, a été arrêté à Abidjan le 15 septembre et extradé au Togo pour sa présumée implication dans une affaire du genre.

Selon le Courrier Stratégique:

«L’affaire, qui comporte de nombreuses zones d’ombres recèle certains contours inattendus, comme la tentative présumée d’appropriation frauduleuse de l’héritage du président ivoirien assassiné Robert Gueï, pour lesquels Abbas Youssef aurait avancé plusieurs millions de dollars. C’est sur ce volet "mirifique" de l’affaire que le ministre Bodjona serait intervenu, subtilisant au passage des fonds libérés par Abbas Youssef.

Curieusement, l’opposition togolaise, qui ne se privait pas de conspuer Bodjona du temps ou il était aux affaires —l’homme était accusé, entre autre, d’orchestrer la torture des opposants— semble se ranger derrière l’ancien ministre, dans une de ces volte-face dont la politique africaine est la seule à avoir le secret».

Loïk Le Floch-Prigent serait-il de connivence avec l’ex-ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, dans cette affaire d’escroquerie? Lequel a été récemment limogé et inculpé pour escroquerie. Une affaire montée dans le pur style de celui dont les cybercriminels nigérians inondent les boîtes des internautes du monde à longueur de journée.

Abidjan.net écrit à ce propos que:

«La justice togolaise soupçonne M. Le Floch-Prigent d`être impliqué dans une escroquerie internationale portant sur 48 millions de dollars (environ 36,5 millions d`euros). L`ancien patron d`Elf, arrêté en Côte d`Ivoire vendredi, a été transféré dès samedi vers le Togo et son avocat français, Me Patrick Klugman, a dénoncé le non-respect des règles d`extradition. Un magistrat ivoirien a confirmé qu`il ne s`agissait pas d`une procédure classique d`extradition, mais d`une "procédure de police à police, suivant la convention d`Interpol».

A l’origine, une plainte de l’homme d’affaires émirati, Abbas El Youssef, contre l’homme d’affaires togolais, Bertin Sow Agba, dont Loïk Le Floch-Prigent serait le conseiller. Le Togolais aurait fait croire à l’Emirati qu’il disposait de la fortune de feu président Robert Gueï de Côte d’Ivoire d’un montant de 275 millions de dollars bloqués dans un compte au Togo.

Et d’après, Abbas El Youssouf, l’ancien patron d’Elf aurait été la cheville —ouvrière du réseau avec la complicité de Pascal Bodjona. Mais pour l’avocat de ce dernier, Me Jil Benoît Afangbedji, ce sont des rumeurs de l’éventuelle candidature de son client à la présidentielle de 2015 qui serait la cause de ses ennuis aujourd’hui.

Lu sur Courrier Stratégique et Abidjan.net

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