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Togo - Le Floch-Prigent extradé, la fin du règne des expats?

Loïk Le Floch-Prigent a été extradé au Togo. Arrêté le 15 septembre 2012 à Abidjan, dans le cadre d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice togolaise pour une affaire d'escroquerie, l'ancien PDG de Elf (1989-93) a été remis aux autorités togolaises le lendemain.

Abidjan.net rappelle que l’ancien PDG d’Elf est suspecté de complicité dans une affaire d’escroquerie internationale impliquant Pascal Bodjona, ancien ministre togolais de l’Administration territoriale arrêté le 1er septembre, et portant sur un montant de 25 milliards de francs CFA (36,5 millions d’euros).

La somme aurait été extorquée à un homme d’affaires émirati, Abbas El Youssef.

Dans une interview accordée au site ivoirien Koaci.com avant son arrestation, Loïk Le Floch-Prigent niait pourtant toute implication dans une quelconque escroquerie.

La Lettre du Continent révèle que LLFP, emmené au poste de police situé dans l’enceinte militaire de l'aéroport d'Abidjan, a pu recevoir la visite des services consulaires de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, mais n'a pas puis bénéficier d’entraide judiciaire.

Le journal indique que Loïk Le Floch-Prigent s’est, durant les jours qui ont précédé son arrestation, entretenu avec plusieurs responsables, dont le ministre ivoirien du Pétrole Adama Toungara, afin de lui proposer son expertise.

La Lettre du Continent s'interroge aussi sur la réaction du Président congolais Denis Sassou-Nguesso, dont LLFP est un proche.

Loïk Le Floch-Prigent sera présenté le 17 septembre au juge d’instruction pour être entendu, indique Abidjan.net.

Le journal burkinabè Le Pays s’interroge sur les véritables raisons de l’arrestation de Loïk Le Floch-Prigent: s’agit-il d’une cabale contre un ancien ministre togolais trop ambitieux qui envisageait sans doute d’accéder à la présidence de la République?

Selon le site, la justice togolaise pourrait surtout vouloir montrer que nul ne peut être au-dessus des lois, et que l’époque des expatriés intouchables est à présent révolue. Et de noter qu’il s’agit d’une des rares fois où un expatrié de cette trempe est traité de la sorte.

L’homme d’affaires a déjà été condamné plusieurs fois en France pour abus de biens sociaux et malversations financières et a effectué plusieurs séjours en prison.

Lu sur Abidjan.net, Koaci.com, Le Pays, La Lettre du continent

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