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Comores: sitôt réélu, le président reprend ses fonctions sans attendre son investiture

Le président comorien Azali Assoumani n'a patienté que quelques heures après la confirmation officielle mardi de sa réélection lors du scrutin du 24 mars pour reprendre possession de son bureau, sans attendre son investiture officielle prévue fin mai.

"Les résultats officiels de l'élection présidentielle (...) proclamés par la Cour suprême confirment ma réélection dès ce jour et mettent fin à mon statut de président en congé", a-t-il déclaré mardi soir dans une adresse à la nation depuis le palais de Beit-Salam.

Chef de l'Etat de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, s'était officiellement mis en congé pour faire campagne pour la présidentielle anticipée du mois dernier, comme l'exige la Constitution de l'archipel.

Malgré les accusations de fraude massive de l'opposition et de nombreux observateurs, la Cour suprême a validé sa victoire dès le premier tour, avec 59,09% des suffrages.

La date de son investiture avait été officiellement fixée au 26 mai.

Son fidèle ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, dit "Kiki", a estimé mercredi son empressement parfaitement "légal".

"Le président était en exercice mais en congé. Le congé est terminé, il reprend donc ses fonctions", a justifié auprès de l'AFP M. Daoudou, qui a précisé que la cérémonie d'investiture serait consacrée à sa "prestation de serment".

Le climat politique est particulièrement lourd aux Comores depuis la réélection contestée du président.

Un collectif de journalistes et de médias comoriens a décidé de boycotter jusqu'au 16 avril les activités du pouvoir pour protester contre sa "censure" et ses "intimidations".

Ce collectif, qui inclut notamment les quotidiens La Gazette des Comores, Al-Fajr et Masiwa Komor, reproche au gouvernement de "nombreuses atteintes" à leur liberté.

Lundi matin, les forces de l'ordre sont ainsi intervenues chez un imprimeur pour empêcher la distribution de ces trois journaux qui accusaient en "une" les gendarmes de "tortures" sur un journaliste placé quelques heures en garde à vue samedi.

"L'attitude des autorités à l'égard des journalistes est aussi inacceptable qu'irresponsable", a estimé Arnaud Froger, de Reporters sans frontières (RSF), "les journalistes et les médias ne sont pas les responsables de la crise".

Les douze adversaires de M. Azali au premier tour refusent de reconnaître sa victoire, qu'ils qualifient de "hold-up électoral", et ont créé un "Comité national de transition (CNT)" qui exige un nouveau scrutin dans les plus brefs délais.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" de M. Azali. Elle lui reproche entre autres d'avoir dissous la Cour constitutionnelle, modifié la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029 et ordonné l'arrestation de dizaines de ses membres.

str-pa/sd          

    

AFP

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