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Soudan: des demandes "légitimes" mais des manifestations illégales, estime Béchir

Le président soudanais Omar el-Béchir a qualifié lundi de "légitimes" les demandes des manifestants qui se rassemblent depuis plus de trois mois, mais affirmé qu'elles étaient exprimées illégalement, causant selon lui plusieurs décès.

"La crise économique a eu un impact sur une grande partie de notre peuple", a déclaré M. Béchir aux députés dans son premier discours au Parlement depuis qu'il a décrété l'état d'urgence à travers le pays le 22 février.

En plein marasme économique, le Soudan est le théâtre depuis le 19 décembre de manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Celles-ci se sont rapidement transformées en un mouvement réclamant la démission de M. Béchir, au pouvoir depuis 1989.

"Certains sont descendus dans les rues pour exprimer leurs demandes légitimes", a dit le chef de l'Etat, avant d'ajouter que d'autres "ont eu recours à des moyens illégaux et ont détruit des biens".

Aux premiers jours de la contestation, plusieurs bureaux et bâtiments du Parti du Congrès National (PCN) du président avaient été incendiés.

"Certains groupes politiques essaient d'utiliser ceci pour encourager la haine dans la communauté, nous avons perdu beaucoup de personnes à cause de cela", a affirmé M. Béchir, habillé d'une tunique traditionnelle bleue et blanche et coiffé d'un turban.

Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le début des manifestations. L'ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts.

Depuis l'instauration de l'état d'urgence le 22 février, plusieurs manifestants ont été arrêtés pour avoir participé à des rassemblements non autorisés et jugés par des tribunaux d'exception tandis que l'ampleur et l'intensité des manifestations ont fortement baissé.

- Critiques américaines -

Depuis décembre, le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression et a arrêté des centaines de manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes, selon des ONG.

Les Etats-Unis ont régulièrement condamné ces détentions.

"Nous restons troublés par le recours continu par le gouvernement du Soudan aux détentions extrajudiciaires en réponse aux manifestations largement pacifiques à Khartoum et ailleurs", a écrit dimanche l'ambassade américaine à Khartoum sur sa page Facebook.

"L'incarcération de leaders de partis d'opposition, de militants de la société civile et de journalistes contredit l'appel du gouvernement soudanais à un dialogue ouvert et inclusif sur le futur" du pays.

Lundi, le président Béchir a appelé tous les partis politiques à rejoindre le dialogue national lancé en 2015 pour résoudre les problèmes économiques et mettre fin aux insurrections dans les régions du Kordofan-Sud (sud), du Nil-Bleu (sud-est) et du Darfour (ouest) où le conflit entre pouvoir et rebelles des minorités ethniques a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU.

M. Béchir est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, accusé de crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, mais aussi de génocide.

"Je renouvelle notre engagement en faveur d'un cessez-le-feu permanent et dit être prêt à un dialogue pouvant mener à la paix", a-t-il déclaré aux députés.

AFP

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