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Sénégal - Une cinéaste en croisade contre la dépigmentation

Le teint clair, une obsession sénégalaise?

Le blanchiment de la peau, appelé «Khessal» en wolof, est devenu une pratique très courue au Sénégal. Alarmée par l’ampleur de ce phénomène, la cinéaste sénégalaise Khardiata Pouye Sall en a réalisé un documentaire intitulé: Cette couleur qui me dérange, rapporte le quotidien sénégalais Le Soleil dans une interview publiée 13 septembre.

«J’ai constaté que c’est des leaders d’opinion, des ministres de la République, surtout ceux de l’ancien régime, des animatrices de télévision, des présentatrices de journal, des femmes à la tête d’ONG qui font la dépigmentation. Et là, je me suis dit qu’il y a problème. Si ce sont des femmes intellectuelles, des femmes sensées connaître la valeur de la peau noire qui s’adonnent à cette pratique,  cela devient inquiétant», souligne Khardiata Pouye Sall.

L'objectif du documentaire: éveiller les consciences et informer sur les dangers que les utilisatrices courent. 

«J’ai fait ce film pour tirer la sonnette d’alarme, attirer l’attention des autorités». 

Souvent, les femmes qui s'adonnent à la dépigmentation, souffrent du poids de la société, qui les juge «trop noires»:

 «L’une d’elle m’a avoué qu’elle s’est mise au "khessal" parce qu’elle s’est rendue compte que lors des cérémonies filmées, les cameramen braquaient leur zoom sur les femmes qui avaient le teint clair plutôt que sur celles qui avaient la peau foncée. (...) Tout le monde peut constater que sur un groupe de femmes, l’attention est presque toujours portée sur celles qui ont le teint clair naturellement ou artificiellement», explique la réalisatrice. 

Devenir clair de peau se fait au péril de la santé des consommatrices. L’utilisation de produit dépigmentant est nocif pour la peau et peut conduire à des cancers. 

Signe d'un changement de mentalités, une pétition circule depuis quelques jours au Sénégal contre une campagne publicitaire d'un produit de dépigmentation.

Lu sur Le Soleil, RTS

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